Dupuy. Ibid
S38 LES ALUGEOIS ET L'ISQCISITION
ciscains» a Homme de la race de Judas, tu règnes comme Néron! Tu exerces le principat babylonien! Tu mourras inconsolé 1 » Ainsi parle à Boniface VUI Jacopone, le Juvénal joachimite ^
Philippe aurait dil se contenter de ce triomphe national. Jusque-là, il était généreux et superbe. Boniface apprit par le retour du cardinal Le Moine^ son légat» l'adhésion, l'explosion immense, .unanime, universelle de la France pour son vaillant roi. Dans sa fureur, il fulmina consécutivement cinq bulles contre toutes les corporations qui l'avaient sacrifié au monarque. Mais tel était le firémissement de la nation que nul légat n'osa les apporter en France. Le pontife dut se borner à les afEicher dans la cathédrale d'Anagni, sa ville natale, où il s'était retiré s'y croyant plus en sûretéque dans Rome. Ces bulles furibondes achevèrent d'exaspérer le fier monarque. U fut entraîné par sa logique violente et sa nature implacable. La vengeance l'emporta hors de la dignité et de la m agna nimité royale. Philippe, en attendant le concile^ résolut d'enlever le pontife pour le faire déposer,, dégrader par les évoques. U chargea de cette capture, difficile autant que peu généreuse, son chancelier, l'Albigeois Guilhem de Nogaret. Le légiste, aon moins implacable que son maître, partit accompagné de deux autres docteurs es lois et d'un aventurier italien nommé Moschetto. Moschetto, dans le plus grand secret, conduisit les Français dans un de ses châteaux de Toscane. Ils y furent bientôt