‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 211 sur 323 · Mahul, CarU de (farca9sonn · texte numérisé non relu

Mahul, CarU de (farca9sonn

jage et de geAlier royal. Toulouse, pendant cette querelle de ses tyrans, eut six mois de repos. • Telle fut la victoire de Délicios et des patriotes albigeois, victoire incomplète aux yeux du tribun et des consuls attristés, mais immense aux yeux des peuples plus confiants. Les villes reçurent en triomphe leurs orateurs revenant de Paris. Aux ovations pour leurs héros se môlèrent les charivaris contre les inquisiteurs. Ils furent hués jusque dans les chaires de Saint-Salvi et de Saint-Martiane et de Notre-Dame du Castel-Vieil. Bien plus, les consuls firent arracher d'une des portes de la cité, de la porte du Tarn, voisine de leur couvent, les statues de saint Dominique et de saint Pierre de Vérone. Ils les remplacèrent par les figures de Probi et de Garcia, leurs libérateurs, auxquelles ils eurent la sagesse d'associer les images du noble vidame d'Amiens et du tolérant diacre de Lisieux, svmboles de la France *.

RÉACTION OBS INQUI8ITKURâ. •— Dl^UCIOS PRÊCBK Â CARCASSONNB. — SOU- LÈVE UE^TT DU PEUPLE ALBIGEOIS. — PBCQUIGNT ODVBE LES PRISONS. — EXCOMMUXiCATlON DU TIDAIIE. —PHILIPPE LE BEL SE REND DANS lE MIDI.

Cette victoire albigeoise, incomplète de sa nature, fut rendue plus éphémère encore par la joie

1. Le peuple criait: A mort les traîtres I On enfonça les ea« chots de rinquisilion. G. Compayré, Études hiHorifU€$,p*GO.

bruyante du Midi. Ces ovations populaires alarmèrent le roi et exaspérèrent les inquisiteurs. Foulques de Saint Georges et Nicolas d* Abbeville étaient rappelés, mais en quittant leurs sièges, ils léguèrent leur esprit à leurs successeurs Guillaume de Morières et Geoffroi d'Abluses. Les hommes sont changés, mais non les jjrincipes. Ils font expier aux peuples leurs joies ; leurs fêtes vont se terminer dans les cachots ; des foules sont entassées dans les tours de Carcassonne. Les inquisiteurs et les évoques secrètement d'accord forcent la main aux sénéchaux. Us restent dans les termes des dernières ordonnances du roi. Le vidame, Bernard, les consuls des villes délibèrent à Carcassonne. Ils demandent qu'on relâche les immurés. Geoffroi reste inflexible comme les portes de ses tours. Pecquigny, Délicios, parcourent Castres, Albi, Cordes, pour apaiser les populations. De Cordes le vidame se rend à Paris pour avertir le roi du grondement de l'orage. Il trouve Pliilippe défiant et sévère. Le serpent a parlé à l'oreille du monarque ; il a retourné le cœur du Capétien. Les Albigeois proscrivent l'image de Dominique. Mais Dominique, c'est le symbole de l'inquisition : l'inquisition, c'est la continuation de la croisade, et c'est la croisade qui a réuni l'Aquitaine à la France * .

Les peuples, que Délicios berce d'un vague espoir, attendent le retour du vidame. Il arrive enfin de la cour. Eh' bien I que dit le roi? Le chevalier tristement garde le silence. Bernard comprend

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