Arcb. d'Albi
pie se porte à leur rencontre. « Messeigneurs, par la merci de Dieu, faites-nous justice des traîtres I » s'écrie-t-il, en arrêtant leurs chevaux. Ils continuent cependant, dans la foule amie et menaçante, mais à la porte de l'ouest, elle éclate tout à coup plus furieuse. Elle a reconnu dans le cortège des commissaires royaux, Giraud Galhard, assesseur de l'Inquisition. Elle va l'arracher de son che- . val, mais le vidame intercède, et le sauve de la mort. Le peuple conduit les Réformateurs au cou* vent des Mineurs, ce Capitole des citoyens. Là, tiennent conseil tous les chefs des conjurés albigeois. Il faut marcher aux cachots, en arracher les condamnés, les déposer dans les tours du roij et leur épargner l'enmurement de l'Inquisition, ce sépulcre de vivants. Les commissaires résistent, mais quelques jours après, ils sont assaillis par toutes les femmes de l'Albigeois; elles réclament leurs maris, veulent revoir ces chers captifs, entendre de leur bouche les tortures qu'ils ont subies dans les cavernes de l'Inquisition. Elles supplient, elles menacent, et vont s'élancer sur le sage vidame, comme des lionnes. Bernard explique, apaise, excuse leur désespoir : «La justice a trop tardé, » s'écrie l'orateur. Ce mot du tribun, se joignant aux pleurs des femmes, entraine irrésistiblement les hommes. Ils accourentavec des haches, des leviers, des massues de fer. Ils attendent le vidame dans l'église des Franciscains. Si Pecquigny ne vient pas exécuter la délivrance au nom du roi, elle sera faite par le peuple au nom de Dieu ^