Ibid. — Mahul, CarL de Carcastonne
SSi LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITION
Le chevalier arrive, et la procession libératrice se met en marche, passe le pont de TAude, entre au faubourg delaBarbacane, et se présente aux portes du Tribunal. Du dedans, par une étroite fenôtre, à travers les noirs barreaux de fer, apparaît une tête chauve de Dominicain. Gailhard de Blumac proteste, menace, somme Pecquigny au nom du pontife romain. Les huées du peuple couvrent les anathèmes du moine, et sur un geste du calme vidame, les portes s'ouvrent, les herses se haussent, et la foule se précipite dans les sombres cachots de la Mure. Pecquigny, Bernard, Patris, Probi, Garcia, délivrent les captifs, et les rendent à leurs veuves et à leurs orphelins. Les mères, les femmes, les enfants, embrassent ces confesseurs, touchent leurs membres endoloris, parfument de baisers et de larmes leurs blessures. Mais le commissaire royal, bien qu'ému lui-même, doit mettre fin à ces scènes attendrissantes. Il met ces détenus sous la main du roi, et les dépose dans les tours protectrices de la Cité. De là, du moins, ils pourront encore voir le soleil, le cours gracieux de l'Aude, les cimes de la Montagne-Noire , et les neiges des Pyrénées *. Mais l'Inquisiteur, Geoffroi d'Âbluses, sanctionne les menaces d'anathème de son collègue Galhard de Blumac. Lieutenant du pape, il fulmine l'excommunication contre le lieutenant du roi. Le vidame a refusé le concours du bras séculier à l'Église, laquelle, agant horreur du sang, le fait verser par le prince. De plus, il s'est mis à la tête des révoltes populaires, a forcé les