Du Mège, HisL tU TottL, ch. iv, p
le terrible tribunal. Ils étaient cinq frères indomptés. Avant la croisade, ils avaient combattu, pour leur indépendance, contre les comtes de Toulouse. Après la croisade, ils combattirent vaillamment, pour l'indépendance romane , contre le roi de France. Ils soutinrent Montségur, et luttèrent contre l'inquisition. Ils opposèrent aux dominicains la conjuration du silence; ils imposèrent leur mutisme à leurs vassaux. Mais enfin ces taciturnes chevaliers furent contraints de répondre et de déposer devant leurs juges. Estold de Roque ville et sa femme Géralda confessèrent à Mongiseard qu'ils avaient fréquenté Guilhabert de Castres , Vigoros deBocona, et Bernard delaMotta; qu'ils visitaient Montségur, collectaient du blé, de l'avoine, des chemises, des chaussures pour les Amis de Dieu, écoutant, escortant les évoques de forêts en forets, en compagnie des Roaix, des Varagne, des Villeneuve, et des frères Pierre et Pons de Mazeroles *. Ramon de Roqueville nous fait connaître la curieuse et débonnaire figure de Guilhabert Alzeu, le moine de Sorreze, prieur de Saint-Paulet, à demi albigeois, recevant dans son presbytère le diacre Bonfil» et son compagnon Pierre Coma, intercédant en leur faveur auprès de son terrible ami l'archevêque de Narbonne^ faisant cultiver ses vignes par les Bonshommes, buvant son vin avec les chevaliers, vivant avec sa servante, et réalisant rimage du prêtre mondain, serviable» gracieux et grivois ••
1, Art. Montgiscard.