Art. Saint-Félix
Bernard de Roqueville vit les hérétiques eu divers lieux; il les crut véritablement bons, et, dans son indigence, reçut d'eux des présents, savoir des chemises, des souliers et des brodequins. Mais il ne crut pas à leurs erreurs. Il vit à Saint-Paulet le diacre Bonfils et son compagnon, mais on les disait réconciliés àrÉglise romaine. On sent, à ces réticences, trembler la voix de ces chevaliers, moins fermes devant les tribunaux que sur les champs de bataille. Voilà donc l'un des seigneurs de Roqueville, ancien capitoul de Toulouse il 227) qui, réduit à la mendicité, reçoit l'aumône de l'église cathare, mendiante elle-même et proscrite sur la terre *. Les biens de Bertran et de Bégou de Roqueville furent confisqués. Ils s'étaient réfugiés à Montgalhard dans le Sabartez. Ils étaient même écuyers des comtes de Foix.
Joignons aux dépositions, plus ou moins sincères de ces barons, la confession touchante d'un pauvrevigneron, confession pleme d'un courage naïf et d'une grandeur qui s'ignore : « Pendant que je travaillais aUx vignes, dit Pons Viger, ma mère Audiarda se fit hérétique dans le logis des Domercs, à Saint-Paulet. Puis elle revint dans ma liaison où elle resta un mois. Pendant ce mois, je vins voir deux fois ma mère, et lui donnai deux fois à manger, ne pouvant faire plus à cause de ma pauvreté. Si j'avais eu de quoi, de grand cœur j'aurais fait davantage quoiqu'elle fdt hérétique. Je ne ïadorai pas, ni ne la vis adorer, mais je fus