‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 260 sur 323 · im., VI · texte numérisé non relu

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(1317), érigea, pour flatter la ville, Toulouse en archevêché, et fit part de ce double honneur à la reine Marie, mère du saint, au roi Robert, son frère, auquel il avait cédé sa couronne terrestre pour une céleste, au roi de France Philippe le Long, à Jaicmé II, roi d'Aragon, à Sanche, roi de Mayorque, et à toutes les dynasties consanguines, qu'il convoquait à l'intronisation de leur parent dans le ciel * .

Jean XXII, pape irascible, supertitieux, mais non pas épicurien, comme son débonnaire prédécesseur, envoya Guilhemde Godin (Gouzi), natif de Bayonne, ancien inquisiteur de Toulouse ,et maintenant cardinal-évêque de Sabine, en Castille, pour corriger les mœurs cléricales de l'Espagne. Les prêtres espagnols, à cette époque encore, se mariaient; avaient des enfants, célébraient les noces de leurs fils ou de leurs fiUe^à qu'ils dotaient avec des bénéfices ecclésiastiques , ou vivaient librement avec des concubines chrétiennes, juives ou sarrasines. Ces mœurs de TEspagne étaient celles de l'Aquitaine, ce qui justifie la réforme cathare et oliviste. La croisade, oii le catholicisme avait failli sombrer dans le sang et dans la boue, avait légèrement purifié les mœurs, d'ailleurs moins musulmanes, du clergé roman. Leb pape, plus indulgent pour les Aquitains et les Français, garde le silence sur leur compte, bien que nous n'ignorions pas les voluptés élégantes de Clément V, et les débauches implacables de l'inquisiteur Foulques de Saint-Georges. Ces débauches romaines ra-

1, Rainhald. 1317. — Bullar. I.

vivaient le catharisme agonisant. C'est pour l'étouffer dans ses vieux foyers que Jean XXII venait de créer cette multitude d'évêdiés. Ainsi Limons, tout sanglant encore du martyre de ses magnanimes consuls. Saint-Papoul dominait le Lauragais insoumis; Rieux, les vallées de l'Arise et de la Lèze, pleines de crouzets irrités. Mirepois tenait en échec les débris du Thabor, et Pamiers les proscrits des montagnes de Foix et des cimes de Cerdagne*.

Donc, au milieu du catharisme mitigé de Narbonne, se maintenait toujours le catharisme primitif de Toulouse et de Montségur. Mais il ne comptait plus dans ses rangs les races chevaleresques. L'Église du Paraclet n'avait été dans leur esprit qu'un moyen de secouer le double joug théocratique et royal. Mais accablées par l'épée de la France et la crosse de Rome et à demi dévorées par l'inquisition, elles consentaient enfin, bien qu'à contre-ccèur, à rester catholiques et françaises. Le peuple seul, plus croyant, plus indépendant par son indigence même et plus insaisissable dans ses rochers et ses bois, demeurait albigeois surtout dans les montagnes. Les chevaliers pyrénéens n'escortaient plus la nuit les parfaits errants, ou ne les recueillaient plus dans leurs manoirs. Les parfaits n'avaient d'autres abris que les cabanes des pâtres et les antres des bêtes fauves. Ces ministres ne sont plus nobles comme autrefois, mais bourgeois et plébéiens. Le peuple fournit au Paraclet ses derniers martyrs. Les sei-

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