‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 282 sur 323 · Glementiadeipsâ AurA · texte numérisé non relu

Glementiadeipsâ AurA

L'Aquitaine sauve la France. Donc, ce que l'Aquitaine combattait depuis un siècle et demi, ce n'est pas la France, sa noble sœur, ni même la dynastie des Capets ; c'est l'inquisition, c'est Rome. Salaire lamentable de l'Aquitaine! Louis XI, par Tépée, par 1 a hache, extermine les princes d'Armagnac, et par un breuvage, détruit les germes de leur race, d'ans le sein dç l'héroïne de Lectoure. Pendant de Yémascu" lation de Ram on VU, l'avortement de Joana d'Armagnac est l'image de Tavortement de la nation, et de la civilisation romane dont cette princesse infortunée est comme un dernier symbole.

Le catharisme en s'éteignant vers l'an i 400 eut la consolation de voir la théocratie romaine tomber du Vatican dans Avignon, et de l'exil dans le schisme. Le dragon qui le dévorait avait de sa blessure poussé trois têtes qui se menaçaient de leurs siffle- ^ ments et de leurs aiguillons. Le xv^ siècle est le siècle des cerbères. La papauté romaine avait trois têtes, la royauté capétienne en avait deux; le peuple en avait cent dans les chefs de bandes. Le Thabor pyrénéen est dans la nuit, mais le Thabor des Alpes sort lentement de la nuée, et le Thabor de Bohême jaillit dans un coup de tonnerre. Éclipsé pendant deux siècles par l'éclat et le tumulte de la lutte cathare, le valdisme moins brillant, mais plus vivace, sort d'un orage avec la grande figure de 'Jean Ziska. Huss en Bohême, Wickleff en Angleterre, Savonarole en Italie, annoncent Luther.

rOtên YULGAIIIB. — Ll CHA^TT DO BE16ER » LB CHANT DU BOUTIIR, LA MOBT PB JOABA. — SIONB» DB dACHAANGB TIBIU DB LA LANGUE BOMANB. — LA CATBÉOBALB d'ALBI.

Ainsi, la poésie romane, réfugiée au delà des Alpes, avait constitué pour son héritier et son vengeur le terrible chantre de TEnfer. Pétrarque aussi est l'amoureux élève des troubadours. Mais quand ^ Tamant de Laure vint à Avignon, cette héroïque cité, devenue la sentine et la Babylone des papes, il ne trouva plus aux bords du Rhône, ni à Narbonne, ni à Toulouse, un seul poëte roman. L'inquisition avait détruit la chevalerie et la poésie, ces deux sœurs. De ce monde poétique et chevaleresque, il ne restait qu'un nom, symbole de l'idéal : romanesque ^ I

Mais si la poésie savante, cette ingénieuse et délicate fleur de la civilisation romane, avait disparu avec les cours de Toulouse, de Carcassonne et de Narbonne, il restait dans les villages une poésie vulgaire, rustique, et d'un doux parfum sauvage. Si le châtelain asservi était muet dans son manoir, le faidit indépendant chantait dans les bois, le bouvier solitaire soupirait timidement dans les champs. Le peuple avait gardé sa foi, n'avait point vendu

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