‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 283 sur 323 · Roman«Eske» ibéro-latin · texte numérisé non relu

Roman«Eske» ibéro-latin

son âme; et delà fidélité et du malheur naissait une poésie d'un charme agreste, d'ua caractère énigmatique, et dont le mystère indéterminé n'en exprime que mieux le vague et immense désespoir du Midi, Il ne nous reste guère que trois fragments, trois pétilles mélopées : le Chant du Berger ^ le Chant du Bouvier et la Mort de Joana, Le Chant du Berger, presque tout entier perdu, ne consiste plus que dans ce refrain pastoral si populaire des Alpes à l'Océan : « L'agnel que tu m'as donné, s'fen est allé paître dans la prairie. Il est parti pour trouver sa mère, pauvre pécheur ^ . » Ce terme de Peccairé indique à la fois l'origine montalbanaise et cathare de cette complainte. Ce n'est plus que dans le Quercy que ce terme est usité, et le catharisme seul ressentait pour le pécheur une pitié si tendre qu'il a fait de son nom une exclamation miséricordieuse et populaire. Ce terme n'est ni catholique, ni calviniste; il est donc cathare. Et alors on comprend la douce bucolique. L'agneau c'est le jeune Albigeois; il est allé trouver sa mère, la brebis de Toulouse; il paît avec elle l'herbe des Alpes, les pâturages d'Italie, oii sont les bercails des Amis de Dieu. Les femmes du Tarn et de l'Aveyron, attçndant le retour de leurs fils, berçaient leur ennui maternel »en soupirant l'air si mélancolique de cette parabole de l'exil modulée sur les cornemuses du Bon Pasteur.

Le chant du Bouvier est un fragment plus étendu ,

1. Lagnel que m'as donna*, — Se n'es anat. — Paisse Uns la pra<lo. — Es anàt per trobar sa maire...

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