‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 290 sur 323 · LIVRE QUINZiflHE · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZiflHE

errants dans les forêts. C'est de ceux-ci que descendraient les CagotB modernes. Au xv* siècle, ces infortunés demandèrent au Pape leur réhabilitation ; ils conservaient un Tague souvenir de leur déchéance lamentable ; ils prétendaient dans leur requête que la malédiction de leur race provenait de la colère du pontife romain Innocent III*. Le mot Bulgare, honteusem'ent contracté, forme un substantif infâme qui exprime la dégénérescence, le rabougirissement physique et moraU Le Bulgare, aussi bien que le Goth, étaient d'un beau sang ; et le catharisme, par son hygiène et son aspiration ascétique, donna ce type de beauté grêle, svelte, aérien, reproduit dans les sculptures du xiii* siècle. C'est l'homme aspirant à Tange. Eh bien, ce type idéal est devenu, par l'œuvre de l'inquisition, un type idiot et bestial. En un siècle et demi, elle a ineffaçablement transformé le bulgare superbe en boulgre infâme, le Cathare pur en abject Cahoux; en un mot, le chrétien en crétin. La nation finit comme son prince. Ramon VII est mort fou : l'Aquitaine expire idiote ; le Midi devient un Charenton théocratique.

La Réformation du xvi* siècle éclata. Les vieilles races albigeoises, à demi dévorées par l'inquisition, r acclamèrent avec enthousiasme. Les dynasties de Foix et de Béarn, représentées par la virile reine Jehanne d'Albret, au-dessous d'elles les races chevaleresques de Toulouse, de Lautrec, de Lantar, de Castelverdun, de Bélissen, de Durfort, de Ville-

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