Virgile, Georg, iv
nus ; ils confondent ces hérétiques avec les calyinisteflii les Sarrasins, les Ibères et des peuples fabuleux. L'Église de Montségur n'est, comme la foi de son peuple, qu'une construction informe et rustique. Elle ne remonte pas jusqu'au moyen âge; et l'inscription latine qui en décore la façade ne nous révéla que le nom du maire qui venait d'en faire récrépir les murs délabrés : AUiérius t Je tressaillis à ce nom que j'avais lu si souvent dans les procédures des inquisiteurs, et ma joie redoubla quand les pâtres m'assurèrent que cet ancien maire connaissait parfaitement les antiquités de Montségur. C'était pour nous une fortune inespérée ; nous allions nous entretenir avec le descendant d'une tribu de martyrs albigeois. M. Autier- Bellerose nous accueillit parfaitement; mais nous espérions qu'il posséderait, soit des armes, soit quelque martyrologe domestique, soit quelque lam* beau d'évangile cathare. Notre eepoir fut déçu ; il n'avait point de manuscrit; il nous montra quelques restes du moyen âge, mais probablement étrangers aux Albigeois ; et des débris de l'époque romaine qui jettent quelque jour sur les origines de Montségur. Nous exposerons tout à l'heure ces origines, quand nous gravirons les rampes de la forteresse. Nous avions hâte d'explorer cette Roche célèbre qui, nous l'avons vu, conserve encore pour ces bergers un reste de mystère et de vague prestige fatidique. « Allez, nous disaient-ils, vous pouvez monter ;t les Menjous ont disparu*, la montagne est