‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 309 sur 323 · ÉPILOGUE 4il · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE 4il

térieur du sud, un carré semblable à un puits rempli de gravois et qu'on appelle, en effet, la citerne. N0U9 étions évidemment dans la salle capitulaire. C'est ici que Ramon de Perelha réunissait ses vassaux et pendant la guerre ses chevaliers. C'est ici que Guilhabert de Castres prêchait habituellement, adossé au mur de l'ouest et la face tournée vers l'orient. C'est ici encore qu'il fit la grande réorganisation de la hiérarchie cathare des- . tinée à lutter contre l'inquisition (1232).

Pendant que je donnais ces explications, noire guide prétendit qu'il existait une chapelle. Où donc est-elle? m'écriai-je étonné. Il me montra le mur de refend gui divise environ un tiers de l'édifice au nord, et dans ce mur, à un mètre et demi du sol, une meurtière dégradée. Cette archère intérieure me révélait le donjon. Mais comment pénétrait-on dans cette partie du château? Nulle porte visible n'y conduit. Nous avons remarqué tout à l'heure un creux nommé la Cisteme. C'était incontestablement l'escalier descendant dans les souterrains. La sonorité du sol annonce une voûte, et Texiguité relative du manoir supérieur fait supposer l'existence de souterrains probablement immenses. C'était là le grenier, le magasin, l'arsenal et aussi les dortoirs des défenseurs de Montségur. Eh bien, cet escalier aboutissait en diagonale par les caves à l'angle occidental de la grande salle. Là, au point de jonction du mur d'enceinte et du mur transversal, s'ouvre dans la maçonnerie un second escalier montant du souterrain à la plate-forme. La vis en est détruite, et la chute des gradins supérieurs obstrue le fond

de la tour, où l'œil admire encore, sufr la paroi circulaire, la grâce de sa spirale. C'est par là qu'on pénétrait dans le donjon, mais depuis que le souterrain est fermé on n'y monte plus que de la grande salle et par l'archère intérieure élargie et dégradée. Nous gravîmes par cette brèche dans le donjon que la forme ogivale de sa voûte récemment tombée a fait prendre pour une chapelle. Le sol, plus élevé que celui de la salle capitulaire, est couvert d'orties et de grandes herbes. Deux meurtrières, d'un mètre environ de hauteur, s'ouvrent sur le vallon de Montségur, deux autres à Topposite sur le ravin de Serrelongue. Parallèles à la porte dont ' elles ne défendent pas l'abord, les premières méritent à peine le nom de meurtrières ; et les secondes, plongeant sur un horrible escarpement à pic, ne sont en réalité que des lucarnes d'observation qui surveillent les montagnes dans la direction de Lavelanet. Une porte intérieure conduit à un autre compartimentqui forme àl'extrémité du nord-ouest un étroit et obscur réduit réservé probablement au somm'eil des gardes nocturnes qui se relevaient sur la plate-forme. Le donjon, nous l'avons déjà dit, est la seule partie du château qui soit encore armée de son énorme crénelure. Nous ne remarquâmes aucune trace d'animaux malfaisants, d'oiseaux de proie ni de nuit, qui infestent les édifices ruinés du moyen âge. Soit que le site soit trop élevé et l'air trop glacial ; soit que la demeure des saints conserve un parfum odieux aux. êtres impurs ^et pervers; soit que ces petits carnassiers frissonnent du meurtre immense qui s'exhale encore

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