riagne
s'élancèrent après lui, brandissant leurs haehes. Ségui , demi mort , s'enfuit à toutes jambes, en poussant des hurlements d'effroi. Les hommes de ïa Garde accoururent à ses cris, le sauvèrent» et brûlèrent la hutte, d'où les Bonshommes s'étaient à leur tour dérobés dans la forêt*. La nuit, iJs se retiraient parfois, pour dépister les espions, dans les chapelles isolées, les oratoires solitaires. Dans, l'église rustique de Cargaudas on en découvrit qui faisaient bouillir leur marmite près de l'autel *. Les prêtres qmUeurs et les espions fureteurs osèrent moins s'aventurer dans les buissons, pour gagner leurs marcs d'argent. Après tant de crémations, lesbûchers, on le comprend, vaquaient, faute de matière vivante. Aux enquêtes on substitua les battues, aux archers, les chasseurs d'hommes. On dressa des limiers à la proie humaine; des bassets qui dans les tanières des renards et dans les garennes des lapins allaient dénicher des cathares. On it des chasses aux Albigeois, comme, dans les Iles, aux noirs marrons. Il y eut des chefs de tra- «lueur» comme des capitaines de louvetiers. Nous en connaissons au moins deux d'oificiels. On ne peut pas compter les braconniers plus nombreux que les feuilles des bois qui tombent en automne. Ces Nemrod du Lauragais, h ce qu'il parait, n'avaient point de famille, étant vraisemblablement, comme les bourreaux, hors de l'humanité. Ils s'appelaient, nous citons leurs noms en latin pour ne profaner ni le français ni le roman, ils s'appelaient Bernardits