‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 50 sur 323 · Guilhem de Podiol, édit. de M. Guizot · texte numérisé non relu

Guilhem de Podiol, édit. de M. Guizot

plusieurs princes pyrénéens, entre autres ses deux cousins Bernard VII, comte de Commenges, et Jordan de Lille, vicomte de Gimoez. Ramon VII communia hors de son lit, à genoux sur la terre nue, de la main sanglante de Tévôque d'Albi, Texierminateur de Montségur. Puis le comte dicta son testament : il déshérita, autant qu'il le put, sa iiUe Joana et son gendre Alphonse, obéissant à ses propres aversions comme aux suggestions des évêques, déjà moins favorables aux Capétiens. Puis cédant aux mômes suggestions des prélats non moins qu'aux inconséquences et aux incohérences de son esprit, il légua, sous forme de restitutions et d'offrandes, aux églises et aux monastères, au* teurs de la ruine et de la spoliation du Midi, dix mille marcs sterling d*argent, son argenterie et ses joyaux, de vastes domaines, et tous les troupeaux de ses bercails : troupeaux innombrables d'une race pastorale qui arborait, pour symbole héraldique, la Brebis ibère ^. Ainsi les pillages tragiques de la croisade, comme les prodigalités funèbres du comte, tout allait aux abbayes. Alfaro, le terrible ennemi des moines, ne put empêcher l'infortuné prince de dicter ce testament hétéroclite qu'il signa lui môme, pour se faire pardonner son meurtre, mais avec l'arrière-pensée probable de le faire révoquer ou rectifier par l'avarice capétienne. Ramou VII, après cela, mourut âgé de cinquantedeux ans, à Milhaud en Rouergue (27 sept. 1249). < Dieu permit qu'il mourût, dit son chapelain

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