‹ Histoire des Albigeois (volume 5)Chapitre 83 sur 323 · Saint Augustin : Uur cœlo non mare sed amore. 111 Q · texte numérisé non relu

Saint Augustin : Uur cœlo non mare sed amore. 111 Q

114 LES ALBIOBOIS BT L'INQUISITlOiN

et plaidoirie font ses revenus I — Baron mauvais» pour se mettre en fête, lève ainsi l'impôt. Il bat, il assomme ses vassaux ; il ne leur laisse pas un denier ; il est pis que famine et mortalité : puis, à qui ne le connaît, il a Tair d'un galant seigneur. -— ^ J*ai touché quelque chose de l'histoire que je vou* lais raconter, mais la matière est vaste et peu enivre. »

Ainsi chante le courageux troubadour : le peu qu'il dit jette un jour affreux sur Tétatdes conquis et leurs relations avec les conquérants. L'ébauche qu'il trace de la domination des prêtres et des moines n'est pas moins vigoureuse et d'une réalité moins effrayante. « Les clercs, dit-il, se disent pasteurs et ne sont que des meurtriers. Quand je les vois se masquer de sainteté, il me revient en souvenir don Alengri (le Loup) qui, pour entrer dans les bercails, revêtit une peau de mouton, sous laquelle il séduisit les brebis et les dévora. — Empereur et roi, duc» comte, vicomte et chevalier d'habitude gouvernent l'univers. Aujourd'hui les clercs ont la seigneurie. Les clercs ravissent de toutes les mains ; ils s'emparent du monde entier ; ils l'auront par rapine DU par legs, par indulgences ou par hypocrisie, ou par absolutions ou par banquets, ou par prédications ou par dilapidations ; ils l'auront de par Dieu ou de par le Diable *. »

Le puissant troubadour s'écrie encore avec une amère mélancolie : « Notre siècle est troublé par un vent violent qui en agite les flots comme un orage

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