Miquel de la Tor. — Moquin- Tandon
béien : « Tel est vêtu de drap de samît , et possède de grandes terres ; mais je ne l'appelle pas baron, car il mène mauvaiseté. Et tel est nud, comme l'enfant qui vient au monde ; mais il est bon et preux, et je lui donne, c'est bien juste, le titre de baron. » Le mauvais^ vêtu de soie, c'est le conquérant; le bon nud et en haillon, c'est le patriote. — Puis il invite le peuple à la concorde : « Pardonnez -vous, surmontez vos griefs, et vous n'aurez pas à porter le cilice. Aimez amis et ennemis, et vous n'aurez pas à passer la mer * I » — Il tâche de relever les courages : « Il y a des loups et des brebis dans ce monde. Mais les brebis sont plus nombreuses que les loups. Il naît mille perdrix pour un vautour. Il est certain que l'homme ravisseur et meurtrier est moins aimé de Dieu que l'humble peuple I )> — Puis il peint, en traits sanglants, le baron spoliateur : « Baron qui se met en campagne, mène avec lui Mauvaiseté, Mauvaiseté marche en tête, au centre et en queue. Énorme convoitise le suit : Iniquité porte la bannière, et Orgueil le guide. Baron mauvais, en fonction, que faifr-il, dites-le-moi ? Quand un autre rit et se met en soûlas, lui, il blesse l'un, brise l'autre, maugrée celui-ci, menace celui-là, il fait tourner la tête à tout le monde, au lieu de nous donner, comme il le devrait, courtoisie et bonheur. — Baron qui tient sa cour, fait des festins et prend ses ébats, c'est avec le fruit de ses exactions et de ses pillages. Ses dons aux églises, ses offrandes, ses réparations et ses luminaires, proviennent de larronnerie. Guerre