‹ Histoire des albigeoisChapitre 121 sur 442 · Rog. d« Hofeden, — Rob. de Mont. — Réginald · texte numérisé non relu

Rog. d« Hofeden, — Rob. de Mont. — Réginald

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Le prince intercéda et obtint du vieillard, ailaibli par tant d'émotions, qu*il fera satisfaction au légat pontifical. Tiré de son cachot, il parut en caleçon devant ses juges, tomba aux pi^ds de Saint-Ghrysogone, et promit, dit-on, de rentrer dans l'église romaine. 11 le jura au comte^ aux capitouls, aux citoyens. Mais on voulait une pénitence publique pour terrifier la cité, et les héraults convoquèrent le peuple pour le lendemain, dans la basilique de Saint-Saturnin, il leur fallait le anpplice le ploa lon^^ le pin» honteux, le plus éclatant. Uévéqne de Toulouse et l'abbé de Saint-Satomin Tinrent le prendre dans ks prisons dn comte, au Gastrt Narbonnais. Il ami à traverser tonte la Tille, du snd ati nord, jusqu'à la basilique carlovingienne. Il marchait nu entre l'évôque et l'abbé qui, de rue en rue et sur les places publiques, le fouettaient de verges, au milieu d'une foule immense, jusqu'à l'église où il entra parle portail occidental. Sur les degrés de Tautel, il tomba aux pieds du légat, abjura de nouveau et demanda aiiséricorde. Le cardinal de Saint-Ghrysogone oiÔiâtL, puis prononça les sentences ; il le libéra de la mort, niais il maintint la conâsoation de ses biens et la démolition de ses cbltteanx. Dans c[aarante jours, il dut partir pour la terre sainte et j rester trois ans att serrice despauTres dans Jérusalem. On Ini promit, s'il rerenait, de lui rendre ses terres, mais non ses manoirs dont les raines témoigneraient de son crime éternellement. Promesse illusoire, amère conaSolation, pour un vieillard qu'on envoyait mourir en Orient. 11 dut encore, avant son départ, payer cmq cents liyrdâ pesant d'argent au comte, restituer des biens

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aux prêtres, rendre des usures aux pauvres, visiter tons les jours, en se flagellant, les églises de Toulouse. Toulouse, pendant quarante jours, eut Taffligeant spectacle de ce grand vieillard fustigé. Mais, dans ce baron, dans cet homme capitalaire^ c'est la ville elle-môme qtd se sentait stjgmatisôe par les licteurs du VaticaD. Et Ramon V pat y voir on échantillon da sapplice qni attendait son fils Ramon VI, et son petii-fils Ramon VII, et sa dynastie, et la patrie, expirante sons les verges théocratiques.' Enfin l'infortoné baron partit pour son pèlerinage d'outremer ; il alla môler sa passion mortelle à Timmortelle passion du Calvaire (li78)*.

Maurand s'embarqua à Marseille et put en mer rencontrer Moïse Maimonide, le grand Rabbin de Gordoue, banni par la synagogue et se réfugiant en Égypte, patrie de son ancêtre Philon. Ce platonisme mystique, il le retrouvera en Sicile, auprès de Joachim de Flore; en Syrie, auprès de Ramon II, de Tripoli; en Arabie, auprès de Farid-Uddin. Ce Sofi persan publiait alors même, lé Mat^ Uttatr^ ou le parlement des oiseaux ; apologue célèbre, épopée symbolique des ftmes errantes et plaintives qoi cherchent Dieu dans les tempêtes. C'est le pèlerinage versTéternitô d'un Bunjan orientai.

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