Ganaa Dorob. ohr
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Dieu seul est capable de vaincre par la force de son bras. Le glaive spirituel est impuissant, il faut la force matérielle. C'est pourquoi j'écris au roi de France. » Malheureux prince ! Il invoque le glaive matériel ! il viendra sur la tôte de son successeur ! il retranchera sa dynastie ! Toutefois sa lettre est un tableau ému et vivant du bouillonnement de TAquitainey. Les prêtres, les nobles, le peuple, passent au catharisme. Pins de coite, plus de sacrements, des églises désertes et en ruines, le prince débordé par la révolution. Il inyo<ine le glaiye spirituel et matériel, mais il ne veut pas être le bourreau de son peuple, il laissera l'odieux de la croisade au pape et au roi de France.
Louis VII accepta, mais voulut en partager la responsabilité avecle roi d'Angleterre; puis, les deux monarques, qui se jalousaient et se disputaient Toulouse, jugèrent plus pradent de ne pas marcher ensemble Yors le Midi ; ils se firent devancer par le légat Pierre, cardinal de Saint-Ghrjsogone ^ Le légat s'adjoignit Guérin, archevêque de Bourges, métropoli* taine de l'Albigeois ; Réginald, évôque de Bath, en Angleterre; Jehan de Bellemains, évôque de Poitiers; Henry, abhé de Glairvaux, et d'autres docteurs cisterciens. Les archevêques de Narbonne et d'Auch, les évêques de Toulouse et de Gahors se joignirent au légat pontifical, et le comte Ramon V eut ordre de prêter main forte aux missionnaires. Ainsi la croisade de la parole préparera la croisade du glaive^ et
i. Rog«r àé Ho?ed«n, aosAL — Rob. de Monta Ghran.
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le comte Infortuné qui avait invoqué ce glaive matériel, en portera derrière les évôques le tranchaDt
qu'il avait voulu remettre aux rois du Nord; il sera ' malgré lui le licteur de la papauté (117S).
Toulouse était la forteresse de Thérésie; saint Bernard naguère l'avait trouvée pétrobrusienne. Elle est maintenant cathare et mundine» Le légat et ses oompagnonSj escortés par les barons du Limousin^ marchent vers cette grande et populeuse cité ; ils la trouTent toute frémissante ; ils sont accueillis par des huéesy on les traite d*apostaiSf d'hypocrites, d*héré^ tiques. Le légat ordonne une perquisition et somme l'évéqne, les prêtres, les capitouls, de dénoncer les dissidents. Lear chef se nommait Pierre Manrand (Peyré Maouran). C'était l'hôte et l'acolyte de Nicétas; il remplaçait Ramondi, banni de la cité. C'était un vieillard, un baron septuagénaire, mais si religieux et si vénérable sons ses cheveux blancs, qu'on le comparait au prophète de Pathmos;on disait même que, par une sorte de métempsychose, son corps renfermait l'âme du Boanerge, Venfant du tonnerre. Son palais, muni de tours, s'élevait non loin de la basilique de saiot Saturnin, an nord de la nie qui porte encore le nom du Taureau qui traîna cet apôtre grec de Toulouse. Bertran de Bom dut le Tisiter dans son manoir voisin des lices du Pejrou et da Pratcomtal. Il j tenait des réunions nocturnes et prêchait revêtu d'une sorte de dahnatique. Cette dalmatique, pour un laïque et pour un baron, me semble un peu apocryphe. Le légat résolut de frapper d^abord V hérésiarque. Maurand résiste à la som-
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çûation impérieuse du cardinal et cède à Tiavitation amicale du comte. — Pierre, dit le légat, vous êtes accusé de professer l'hérésie arienne. — C'est faux, répondit avec raison le vieillard. — En ferez-vous le serment? — Ma parole suitit ; je suis chevalier et chrôtieo. Le cardinal iusisia, et Maonaid conflentit de crainte qae son refus ne parnt ime convictîim de catkansme. On apporta les reliques, on eotomia le Yeni SpirUus, ce cantique da roi Robert qui, da bûjoher d^Orléans^ doit se transmettre d'incendie en incendie^ jusqu'à Tentière conflagration de l'Aquitaine* Maurand* dit-on, pâlit et demeora comme interdit pendant l'hymne funèbre. Il jura de répondre sur tous les articles de foi. Ses juges commencèrent l'interrogatoire par la consultation des sorts des saints. C'était une pratique superstitieuse, une sorcellerie sacrée. On ouvrit l'évangile sur lequel il avait juré, et l'on tomba sur ce verset : « Qui a-t-il entre vous et nous, Jésus, Fils de Dieu ? vous êtes venu nous tourmenter avant le temps. » C'était le cardinal qui faisait la consultation sacrilège ; conséquemmentlesôvèques c'étaient des démons. £t le Fils de Dieu, qui Tenait les tourmenter avant le temps, c'était le Loîgos on le Paradet albigeois ; Toilà le sens naturel. Mais ou tordit ces mots ; on les appliqua violemment aux hérétiques, et Ton interrogea Maurand sur le sacrement de Tautel; c'était le dogme souverain, le miracle sacerdotal. Le baron nia que le pain consacré par le prêtre fut lu corps de Jésus-Christ. Blasphemamt ! s'écrièrent les juges frémissants. Il fnt déclaré hérétique, condamné à mort, et livré au bras séculier ^,