‹ Histoire des albigeoisChapitre 135 sur 442 · Troub, Sirventet historiques · texte numérisé non relu

Troub, Sirventet historiques

HISTOIRE DBS ALBIGEOIS ÎM

beauté, de talent et d'amour, le chevalier chanta la guerre sainte. 11 fit deux appels à la croisade et parlit sous la bannière de Richard Cœur de Lion^ mais il ne reviendra pas en Occident*

Les tronbadoors n'ont pas essayé de nous exprimer (ils l'ont cra peut-être imposable) la douleur des épouses, l'agonie des mères des cheTalienu Mais ils nous font entendre les soupirs des amantes en voyant s'éloigner leurs fiancés qui venaient de prendre la croix. Dans la croisade précédente, saint Bernard écrivait au pape : « Les villes et les châteaux sont déserts, il y reste à peine un homme pour sept femmes ; on ne voit partout que des veuves dont les maris sont vivants *. » A ce féroce enthousiasme du cénobite, Marcabrus, non moins tendre qu'héroïque, vient ajouter l'accent humain, opposer le démenti et le gémissement du cœur.

< Près de la fontaine du verger, le long du sable, à l'ombre d'an arbre fruitier, où chantaient les oi«* . seaux, sur un tapis d'herbes et de blanches fleurs, je trouvai seule (l'autre jour) celle qui ne reut pas mon bonheur,

« C'est une gentille damoiselle, fille d'un seigneur de château. J'imaginai qu'elle était là pour jouir de la saison nouvelle, de la verdure et du chant des oiseaux, et je crus qu'elle prêterait volontiers 1*0reille à mes propos, mais il en fut bien autrement.

« Elle se mit à pleurer au bord de la fontaine; et, soupirant du fond du codur : — Jésus, dit-elle, roi du

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