‹ Histoire des albigeoisChapitre 158 sur 442 · Rog. de Hov · texte numérisé non relu

Rog. de Hov

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monarque du gai savoir, l'empereur d'amour, après le comte Ramon V. Car le royaume d'Arles, c'était la Provence, des Cé venues aux Alpes, le royaume de la musique et de la poésie. Richard, par son nou- Teaa titre, devenait le suzerain du comte de Toulouse et du roi d'Aragon. Possédant les pentes des Alpes et les plages de TOcéan, il ne lui manquait plus que le centre, les États de Toulouse» pour réunir toute rAquitaine sous son sceptre. C'était lerôre des ducs d'Aquitaine, et c'est pour le convertir en réalité que la guerre dorait depuis bientôt cent ans, entre Poitiers et Toulouse. Richard, ne pouvant absorber ce puissant État central soutenu d'ailleui^ par Philippe- Auguste, résolut de se l'attacher par une alliance et de l'enlever à son menaçant rival. Les peuples étaient las de cette guerre fratricide. La paix avait paru impossible pendant la vie des trois princes belligérants. Henri II mourut le premier (1188). Ramon V venait de le suivre dans la tombe (1194). Leurs 80cce«:seDrs purent ouvrir les préliminaires d*un accord qui ne se conclura que deux ans après, à la mort d'Alfonse, roi d'Aragon (119Ô).

Le promoteur de la paix fut probablement le belliqueux Bertcan de Bom» devenu le conseiller de Richard* Bertran détestait les deux rois; en les. voyant partir pour la croisade, il espéra qu'ils allaient s'y perdre. « Puissent-ils tomber, disait-il, dans les fers de Saladin f » Quand il vit revenir seul et furtivement Philippe, le patriote trembla pour l'Aquitaine. Le lion de Poitiers n'était plus là pour repousser les ruses et les attaques du renard capé-

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tien. Il pressa le retour du monarque anglais; quelle ne dût pas être sa douleur quand il apprit sa capti-" vité en Allemagne ! N'est-ce pas lui qai envoya Blondel à la recherche du roi des troubadours? Quoi qu'il en soit, Bertran fit alors une action grande et belle. Ennemi de Richard, il se déclara soa champion et attaqua le vicomte de Limoges, vendu au roi de France. Il se mit ans ordres de la vieille reine Ëléonore pour arrêter les empiétements de Philippe. 11 assoupit l'inimitiô de Toulouse. Bertran, aussi grand patriote que magnanime chevaliert avait oublié ses démêlés avec oui ei non, Richard, à ses yeuz> n'était plus que oui, le champion de la terre et de la langue à* Oc, le glaive vengeur et libérateur de l'Aquitaine. Dès qu'il apprit la délivrance du roi, ce fut Bertran qui fut content, dit son naïf biographe*. Ce grand politique négocia la paix avec Toulouse. Un autre négociateur vint seconder son patriotisme, c'est l'Amour. Le Cœur de Lion avait laissé en mer sa femme Bérangère et sa sœur Jehanne de Sicile. La tempête avait séparé leurs vaisseaux, et pendant que le roi était emporté dans FAdriatique, les deux reines étaient poussées vers les mer» de Naples et les bouches du Tibre. Elles se reposèrent six mois à Rome, et puis continuèrent leur route vers Marseille. Alphonse II, roi d'Aragon^ les reçut au port et les escorta jusqu'au RhOne. Ramon VI les attendit à Beaacaire et les accompagna jusqu'en Guyenne. C'était un hommage au

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