‹ Histoire des albigeoisChapitre 162 sur 442 · Dom VaiiMtte · texte numérisé non relu

Dom VaiiMtte

crède, et la plus haute personnification chevaleres* que de TOocident. Enfin, Agamemnon de TAqui* tainey il peat devenir, selon les événements, un héros patrioti<iae et reUgienz* vn Saladin mystique dn Paraclet, l'archange de l'Esprit libérateur arm$ contre Rome. Il est donc vraisemblable qae. le roi Richard vint alors triompher dans le Midi, et que la reine Bérangère de Navarre, sa femme, et sa mère la vieille reine Éléonore, accompagnèrent la nouvelle comtesse à Toulouse ; car ce n'était pas seulement une noce royale, mais l'alliance de doux dynasties, la paix entre deux peuples, et la fin d'une guerre séculaire. Déjà la maison de Poitiers avait acquis par héritage le domaine oriental de Toulouse, le comté de Tripoli réuni à celui d'Autioche. Il s'agissait maintenant d'acquérir par alliance son domaine occidental» Toulouse elle-même réunie à Poitiers, de la détacher de la France, et de lancer contre Philippe-Auguste tous les princes du Midi commandés par le rival de Saladin. C'était une alliance de peuples, encore plus que de princes, de populations dont il fallait satisfaire cà la fois et surexciter l'enthousiasme par l'apparition ^u héros de l'Orient, de TAgamemuon du Midi, du puissant monarque de l'Angleteire, de l'Irlande, de la Gaule occidentale, et ceint des couronnes fabuleuses d'Arles et de Jérusalem, du double nimbe de la religion et de la poésie. Roi des troubadours, il avait à se montrer k la nation des troubadours, organes harmonieux et retentissants de l'opinion populaire du xii" siècle.

La princesse que Richard conduisait ft Ramon VI, était la digne sœur dn Cœur de Lion; elle avait

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alors trente et un ans. A poine nubile, elle avait été mariée à Guillaume le Bon, roi de Sicile (1177). Devenue veuve, olln accoinpac^iia son frère à la croisade. C'était une femme virile et f,'uerriere, une sorte de Clorinde d'Occident. Dans un projet de paix, elle avait dû, disait-on, épouser le sultan Malec-Âdel. Elle était deslmée an comte de Toulouse poar maintenir ce prince mobile, dont elle était la quatrième épouse, dans Talliance belliqueuse du roi Richard. Elle était dans la grande cité romane, l'image permanente du CSœur de Lion. Le monarque donna pour dot à sa sœur le vaste ét riche Âgenais et rendit an comte le montueux mais chevaleresque Rouergue, conquis pendant la guerre. Jehanne continua de porter le titre de reine comme veuve, lille et sœur de rois *.

Tous les princes des Alpes, des Pyrénées et de rOcéan, accoururent sans doute à Toulouse pour faire leur cour au héros de TOrient, et à leur t(Me le jeune roi d'Aragon son parent par Bérengère de Navarre, et rallié de Poitiers comme de tout temps le fut la maison de Barcelope; car il s'agissait d'une alliance entre les trois rois, sanctionnée par les comtes aquitains et les consuls des villes républi* caines du Midi. Richard doue visita ces grands barons dans leurs manoirs et leurs cités. Il visita Garcassonne, la plus élégante ville du Midi sous le sceptre attristé d'Aladaïs ; Narbonne où la profonde politique Ërmengarde avait appelé la maison espa-

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