Qoil. le Breton, Phil^n
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sans doate de ce catholicisme des ( roisades. Telle était la race illustredans laquelle entrait Esclarmonde. Elle donna six enfants à son mari. Cette union, malgré sa splendeur et sa fécondité, fut triste, inquiète, orageuse. Paraissait-elle inégale à la fière infante de 7oiz? La docte et platonique princesse épousa-t-elle un baron grossier et batailleur? Ce gaerrier brutal était-il antipathique à la délicate et mystique élève deetroubadoarst NonsTignoronSy mais nous croyons que ces dissentiments très réels avaient lenr source dans les principes religieux. S'il est vrai, comme son nom l'indique, qu*Esclannonde fnt voaée dès sa naissance au culte mystique du Paraclet , il parait certain qu'elle fut après coup arrachée, par les calculs politiques de son père, à ses mœurs studieuses et virginales, pour être jetée violemment dans la couche sensuelle d'un baron où tout, jusqu'à sa beauté, sa maternité malheureuse et la rigidité du devoir accompli, multiplièrent son supplice conjugal. Dans son château, illustré par la naissance d'un grand évèque pyrénéen, elle vivait en croyante cathare ; le patronage qu'elle accordait au johannisme auscitain alarmait et irritait le catholicisme traditionnel et domestique de Jordan : il fut sans doute entraîné dans le tourbillon incendiaire d'Âlbano. De là des orages intérieurs qui, couvés sourdement, tour à tour assoupis et surexcités , se lerininèreut entin par la mort violente du vicomte de Gimooz. Kt^clarrnonde fut accusée de ce meurtre exécuté probablenient à son insu par les proscrits, les victimes du fanatisme de Jordan. Les clauses de son testament sont favorables à la vicomtesse, qui ne fut inciiminée que par son im-
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placible eniiemi, YévéqoB de Toulouse, aa concile de Letran» Tonjonn est-il que, veiiTe à cinquante ans^ elle quitta en hftte le triste manoir conjugal et les monotones plaines de la Gascogne, abandonnant à ses enfants le vaste domaine paternel.
Bernard- Jordan, son fils aîné, eut la cité de Lille ou de Séiio et ses dépendances, avec le château de Gastérar. Jordan, le second, reçut les châteaux de Valetta, du Telh, de Gambiac, de Bris et deLaunac* Atto ou Othon, le troisième, ^it sa portion aux dià> teaux de Delgris et de Peliaporc, avec la moitié de la vicomté de Gimoez. L'autre moitié fut partagée entre Jordan et Bernard-Jordan. Ce testament s'éloignait du droit patriarcal du Midi, où la terre indivise ne permettait que le partage des revenus. Quant aux filles, elles furent dotées inégalement. Escaronia (rEuscarienne), épouse de Rattier de Caussade, en Qaercy, eut neuf mille sols melgoriens placés sur le château du Casterar. ûbisca (la Biscaïne), femme de Pelfort de Kabastens, en Albigeois, reçut six mille, sois melgoriens garantis sur le cbftteaa de Méretieilla. Pbilippa, qui n'était pas encore mariée, dut aussi: recevoir sa dot en numéraire^ savoir cinq mille sols ou ceut marcs d'argent fin. Le vicomte prescrivait exinressément que jamais ni femme ni fille n'eût une part territoriale dans le domaine féodal de Sélio ou de Gimoez^ Tel est le testament de Jordan VI, dicté au mois de septembre de l'an 1200, en présence de Ramon, comte de Toulouse, et de Raraon-Roger, comte de Eoix, venu sans doute pour garantir les
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droits de sa sœarËsclar monde. Jordan raooni&aii^dan Yoir à sa femme mille deniers morlans (monnaie de Béarn, frappée à Morlaas» à Feffîgie de la vache aux corses aolairee). Il loi en assare deux mille antres sur le chfttean dn Teilh. En outre» il lai &it don de denx conpee et de sept plats d'argeot. Esdarmonde, ▼enTe quatre ans après, regagnait ses montagnes natales où le comte Roger-Bernard son père, dans 'la prévision de son retour, avait dès l'ori^^Miie assigné son douaire au Gastellar de Pamiers (1204)*.
Ce retour d'Esclarmonde correspond à deux grands événements, la croisade grecque et la ligue romane. Une quatrième croisade partait pour TOhent, Elle n'ayait pas, comme la précédente^ un empereur et des rois à sa tète* Ses chefs étaient, secondaires par le rang, mais non par le ^ie; c'étaient Dandolo» le vieux doge aveugle de Venise; Boniface, marquie de MonUerrat; Baudoin, comte de Flandre; Thihand, comte de Champagne; Simon de Montfort, destiné bientôt à une si sanglante célébrité ; et Geoffroy de Vilie-Hardouin, le père de la chronique chevaleresque de France. Cette croisade prit la mer à Venise. Elle conquit Gonstantinople, fonda Tempire latin d'Orient^ et n'alla point à Jérusalem. Ces pèlerins n'étaient que des aventuriers. Ils cherchaient la toison d'or plus que la croix et le sépulcre* Le Bo^hore vit une seconde expédition des Argonautes dont le valeureux et charmant troubadour, Rambaud de Vaquières, fut le chevaleresque Orphée. 11 pleurait aussi son Eurydice^ sa Béatrix perdue, et vo-