‹ Histoire des albigeoisChapitre 184 sur 442 · Ànno 1200» Test, de Jordan, YI · texte numérisé non relu

Ànno 1200» Test, de Jordan, YI

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guàntsar TAdriatique, ses larmes tombaient dans la mer. Cette croisade contre les Grecs présageait la croisade contre les Albigeois. Les princes romans le pressentaient; ils ne remuèrent pas, malgré les excitations et les menaces d'Innocent IIL Us voyaient bien qne le champ de bataille n'était plos en Palestine, mais en Aquitaine, et que l'on allait combattre non pour un sépulcre vide, mais pour la cité même de Dieu. C'est ainsi qu'Esclarmonde vit apparaître à la fois sur l'horizon ses deux grands adversaires, Dominique et Simon de Monlfort*

Esclarmonde traversa Toulouse. Ëile yit le comte, cousin de son mari, Ramon VI était aux prises avec le légat pontifical. Toulouse était bonleyersée, après la mort de l'évéque Fulcrand, par la compétition de Ramon-Amauld, évéque de Gommenges^ et de Ramon de Rabastens, archidiacre d'Agen, et ami du comte, qui rest i le maître du siège épiscopal. Esclarmonde, outre Ramon VI, vit les princes méridionaux, soit réunis aux fêtes nuptiales de Muret, autour du roi d'Aragon, st)it échelonnés sur sa route, et venus pour lui faire honneur comme les consulaires romains, à la rencontre de Mélanie oudeMarcella^. Elle remonta la rive gauche de la Garonne, et trouva tour à tour les vaillants seigneurs de Noer, de Montant, de Marcafaba, son beau-frère, les épées futures de la guerre romane. A Gazôres l'attendait son cousin, le puissant comte de Gommenges. Là son cheTal foulait les ruines de Galigurris, berceau

1, Saint Paalin de Noie.

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de Vigilance. Elle entra dans la vallée ravissante du Salât, pleine des disciples de Félix d'Urgei, et fat reçue à Saint-Lizier par sa sœur Cécile, TÎcomtesse de GoDserans, patronne da valdisme pyrénéen. Les deux princesses, gagnant à Test Saint-Girons et la TaUéd de l'Argot, aperçurent bientôt, an conftnent de TAriège^ sur sa roche inexpugnable, leur paternel et glorieux donjon de Foîx.

Un grand événement Tenait d^attrîster le manoir comtal. Arnauld, viconite de Gastelbon et d'Andorre, irrité du voisinage agressif d'Arrnengaud, comte d'Urgel, s'appuyait au puissant comte de Foix. Les deux princes, fils d'Asnar, renforcèrent leur alliance politique par le mariage de leurs enfants. Arnauld, resté veut, avec une tille unique, conduisit la jeune infante à Tarascon, et lâ, Ërmessînde de Gastelbon fut nnie an jenne Roger-Berna rd , infant de Foix . La princesse eut pour dot les biens maternels, la comterie de CSaboed, la vicomté de Gastelbon et la république d'Andorre. Arnauld ne se réserva que la jouissance de son ch&teau et de ses terres de Gastelbon dont la tour aérienne s'élève sur l'arête qai sépare les vallées de la Noguéra et de la Balira. Le comte Ramon- Roger donna à son fils Lordat, Ax, Mérens, jusqu'aux cimes de neige des Pyrénées. Il leur assura, et à leurs descendants, le comté de Foix, et leur accorda mémo, comme un jouet, le titre honorifique de comte et de comtesse. Après cela, le jnune infant, à peine ftgé de douze ans, conduisit sa blonde ûancée, qui peut-être n'en avait que dix, dans les tours de Foix, où les troubadours célébrèrent ces noces virginales dont les grftces enfantines recélaient la

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guerre et la mort. Le comte d'Urgel, qui probablement voulait la petite infante pour un de ses fils, apprend ce mariage secret qui lui enlevait ces territoires convoités. Furieux, il s'élance, comme pour les arracher à son rival», sur Andorre et Castelbon. Le comte de Foiz passe les monts, malgré l'hiver^ joint le yioomte Arnanld, livre bataille sur les bords de la Nogaéra (26 février 1203) ; mais il fut raincn et resta prisonnier avec ce prince catalan, cinquante chevaliers et cinq cents Êintassins. L'henrenz Armengand ramena cette grande proie dans les tours d*Urgel. La Séo d'Urgel , illustrée par les deux grands évêques Félix et Claude de Turin, est une ca[)itale de pâtres, assise au coniluenl de la lîalira et de la Sôgre, sous la garde de sept forts qui hérissent au nord les pics pyrénéens. Le comte de Foix éprouva le sort de son modèle Richard Cœur de Lion. Il resta plus de trois ans captif dans son donjon. Poète, comme le monarque anglais, il charma les ennuis de sa captivité des sons de sa mandoline cantabre. Ësclarmonde arrivait pour gouverner la comté en son absence. Elle ne sWrôta que quelques jours dans les tours de Foiz, et descendant la rive droite de TAriège, vint s'installer au Castellar de Famiers *.

1. Fixons l'âge de Roger-Bernard. Le comte Ranion-Roger éponaa PhUippa de Moncade en 1188. Roger-Bernard dot nattre Tannée suivante, 1 189. Il avait un an quand son père partit pour

la terre sainte, ll'JO. Douze ans (luand il épousa Ermes-sinde de Castelbon, \20'^. N'iiiirt ans (juand commença la Croisade, 1200. Ti*cnte-deux ans c^uand son père mourut, I22ii. Quarante ans à la fin de la guerre, 12S9. II mourut & cinquante-un ou deux ans, U41.

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