‹ Histoire des albigeoisChapitre 187 sur 442 · AttSQstiii Thieny. — Onrgaud · texte numérisé non relu

AttSQstiii Thieny. — Onrgaud

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était Tétat religieux et politique de Pamiers, comme de tout le Midi, lorsqu'en 1204, Ësclarmonde de Foiz^ TeÙTe de Jordan de Tlle^ Ticomtesaft de Gimoezy vint a'ôtablir aa Gaatellar.

C'était sur un plateau enlminant, un massif do

tours et de tourelles pyramidant irrégulièrement autour d'un cône de rocher marneux, dont la cime supportait dans les airs un donjon crénelé. De sa plateforme on découvrait le plus magniîique horizon. Vers le sud, derrière d'autres montagnes brunes, la crête neigeuse et étincelante des Pyrénées; vers Fouest, au pied des collioes abruptes du Podagaez •qu'elle déchire incessamment, TAriège fougaeaseet broyante ; à Test et au nord, la ville^ aax toits confus, sombres» dentelés de toars et de cjpràs, qu'enveloppe un bras du torrent, se déployait en éventail ; au levant; la vieille ville de Frédélas, et plus loin Tabbaje de Saint-Antonîn ; au septentrion, la Ville- Neuve des comtes, le long du Gave, au pied du Castellar. Enfin, tout à l'entour dans la plaine, une forêt immense, à l'extrémité de laquelle, vers l'orient, s'élevait sur les bords de l'Ers le monastère de Bolbona, nécropole des comtes de Foix^.

Le Gastellar fut d*abord la résidence d'Esclarmonde, mais sur le môme plateau, le comte Ramon- Roger faisait construire pour sa sœur bien-aimée un

1. La Motte, ou h monticule du Castellar, de forme* ovale, aujourd'hui dépouillô do ses niuruilles, a do Test à l'ouest l::*Oin<"tres, sur âO du sud au nord, et le rucher du donjon, diminutif du gr«nd plateav, en a 80 aur 20 eiiTiroii.

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m HISTOIRE DES ALBIGEOIS

vasto manoir contigii, mélange du castel et du cloître, qui devait contenir les ouvroirs, les écoles et les hospices de la princesse. Ses jardins de pampres^ de figuiers, de grenadiers, de cjprôs et de roses, descendaient sor Tescarpement da sad jusqu'à la porte de TOlmet et jùsqu'aa reinpàrt dont un Bézal^ rai^de et mormorant baignait le fossé. De sa hautenr» elle yojait à one demi-liene vers le sud la puissante abbaye de Saint-Antonin qui, de son cOté, regardait d*an œil jaloux et furieux grandir chaque jour et s'élever cette métropole catharo sur le monticule du Gastellar. A la lutte féodale venait se joindre la lutte hérétique, etTon conçoit mieux pourquoi le comte et l'abbé se disputaient avec tant d'acharnement ce vieux donjon romain. C'était pour euxTéternelle question : Etre ou n'être pas!

Esdarmonde, à peine campée au Gastellar, com- mença la guerre. Elle abjura le catholicisme et, se déclarant la patronne de l'Église du Paraclet, se mit hardiment en hostilité avec les moines de Saint-Antonin et les légats du Vatican. Cette conversion éclatante n'est pas seulement l'acte de foi d'une femme, mais encore celui de la maison comlale et de la race romane. Elle sent derrière elle le peuple, les consuls, les chevaliers, les princes aquitains. Elle était la personiiilication de l'esprit laïque et chevaleresque du Midi contre les envahissements de l'ambition théocratique. Ësclarmonde était, à son insu, l'héroïne d'une race, d'une civilisation et de l'ayenir du

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