‹ Histoire des albigeoisChapitre 194 sur 442 · Innocent lU. Epiai., «t · texte numérisé non relu

Innocent lU. Epiai., «t

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bénédictioD, Il les faisait prêcher dans sod palais. L'évôque Gaucéli résidait dans Toulouse. Des aumôniers, en costame lalqœy l'accompagnaient toujours. Il Toîdait monrir ayec leur consoiament si la mort le surprenait en voyage on dans nn combat. 11 Toolait confier à des préeeptenrs albigeois le jeone Ramon, son fils, n tombait anx pieds des évêques da Paradet. n lisait les évang^es, mais rejetait TAncien Testament. < Le Bien de Motee, disait-il, est le Dien des routiers, » c'est-à-dire de l'Église romaine ; judéochristianisme, synagogue colossale, qui poussait vers Jérusalem les peuples d'Occident. Témoin des violences des papes dont les prétentions surhumaines bouleversaient les États, il disait amèrement : « Il parait bien, en effet, que c'est le diable qui gouverne le monde. » Il détestait surtout les moines de Citeauz, légats hautains, proconsuls insolents de Rome. « Les abbés de Giteaux, disait-il en ricanant, ne sauraient être sauTés, car ils nourrissent des brebis qni s*acconp]ent. » Allusion sanglante ft d'effroyables mœurs monastiques. « 0 hérésie inouiel » s'écrie un moine indigné qn*on pût accuser de telles noirceurs les blanches tribus de la Vierge. Un jour, dans une église de Toulouse, probablement la Dalbade, voisine du palais comtal, Ramon entra pendant la célébration du service de la messe, et s'amusa de voir son bouffon caricaturer, avec force grimaces, le mystère di- TÎn, et ridiculiser avec mille singeries le clerc officiant à l'autel. 11 refusa de punir un hérétique, nommé Fabri ou Faure, qui disait que lorsque le prêtre avale l'ostie, il avale le démon. Un catbare de Castres avait eu les quatre membres coupés, et ce tronc humain

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vivait encore : « J'aimerais mieux . disait le comte, ressembler à ce martyr que d'être empereur ou roi. » Une autre fois, comme il partait pour guerroyer en Provence, il se rendit, de nuit, dans la maison des hérétiques ionloasains : « Seigneurs et frôres, leur dit-il» divers sont les événemenls de la guerre. Quoi qu'il arrive de moi, je recommande en tos mains mon âme et mon corps. » Des diacres cathares en habit commun le suivirent sur les bords du Rhône. Tombé malade en Aragon , il se fit rapporter en litière et en grande bàle pour mourir entre les mains des Bons-Hommes de Toulouse. — « Je sais bien, ajoutait-il, que je serai deshérité pour eux, mais je suis prêt à perdre non seulement ma terre, mais ma tôte^ »

D'après ce portrait, tracé par un contemporain, on ne pourrait guère douter de Falbigisme delUimon VI. Nous croyons pourtant qu'il était moins cathare que sceptique, moins mystique qu'épicurien, et que son calharisme était surtout politique, comme Test d'ordinaire la piété des princes. Sur les vingt-quatre capitouls (1202), quatre sont notoirement connus comme albigeois : Arnauld-Bernard, citoyen puissant et populaire dont le nom, après six cents ans, indique encore une porte de la cité ; Arnaud de Pégulha, dont la famille a produit des consuls et un troubadour; Ugo de Johannis, qui tirait son nom de FÊglise de saint Jean, et Bernard le Bonhomme, c'est-à-dire

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