Sur Arn. da Campranhiui, «rcb. de Pamiars
ttS HISTOIRE DES ALBIGEOIS
danffl, nous noos plaçons pour j uger cette eontroTerae entre deux sacerdoces plos on moins zébrés de doctrines indiennes ^
C'était vers la Saint-Jean, vers le temps du solstice, la fête de la triple purification de Teau, du feu, de Tesprit. Les collines se couronnèrent de feux, la ville se pavoisa de verdure, et les pennons armoriés des six îlots de la cité brillaient dans l'air comme des fleurs. La bannière comtale d'or à trois pals de gueules, symbole de la liberté de la parole et de la foi, resplendissait an soleil snr le donjon du Gastellar : astre pourtant orageux, au disque maculé de sang et que les oiseaux fittidiques des tours entouraient de leurs cercles iunèbrss et de leurs sinistres augures.
1. Dom VaIiM«tte, d'aprèi Pi«rr« de Vani^Cernaj, confond 1m erojaaeet des prineewei do la maison do Foix. V. 96.
Digitizoû by C3t.)0^lc
[APITRE II
L*ÉgIise. — VÈgliae de saint PUrM. — L*Ég]iie de saint Pknl.
- L'Église de saint Jean. — Les saoardoeas catlioliqva et cathare. — Le canon des Ecritures.
Le prioce étant sur 8on trône, les doctenn sor lenn sièges, la fonle en silence, maître Amaold donna le signal.
La question de PÊglise Tenait d'être longuement débattue aux conférences de Montréal. Nous ferons également de celte question, que nous résumerons rapidement, le portique éclatant du colloque du Gastellar. De quoi s'agissait- il, en effet, entre les deux sacerdoces ? De montrer leurs titres et de justifier de lear mandat. C'étaient les préliminaires indispensables, car la véritable Église est nécessairement dépositaire de la vérité, et de cette question primordiale découle celle de la doctrine, <to la morale, et même de la hiérarchie. Les catholiques et lee cathares admettaient également nne église TÎsible^ hiérarchiqaement constituée» et comme un empire sacerdotal de rOccident ou de l'Orient.
Les Romains, selon leur habitude, posèrent le fondement de Rome, métropole du monde chrétien ;
m HISTOIRlS DES ALBIGEOIS
de Pierre, vicaire du Christ, et des papes successeurs du prince des apôtres. Tu es PetruSy et super hanc peiram edificdo ecclesiam meam. Ce passage fameux était an moyeni âge tout l'évangile de la théocratie romaine. Les cathares répondirent sans doute que le Christ avait vécu à Jérusalem et non point à Rome, qu'il n'avait jamais désigné Rome pour sa métropole^ que Ton confondait Rome avec Babylone altérée du sang des martyrs et qui, probablement, avait bu celui de Pierre; que Céphas n'était pas le vicaire du Christ, ni les papes les successeurs de ce prétendu prince des apôtres, et que les vrais fondateurs de la théocratie romaine, c'était révoque Sylvestre et l'empereur Constantin, un évéque mondain et un sanguinaii^ Gésar^ Que le vicaire du Christ n'était point Pierre, mais Jean Tami du Sauveur, TapOtre qui reposait sur son sein, Taigle de la théologie apostolique, le prophète vierge, le fils du tonnerre, Foracle de la lumière et du pur amour, l'auteur de l'évangile éternel, fidèle au Maître jusqu'à la croix, et qui devait rester sur la terre jusqu'à l'avènement triomphal du Fils de Dieu; et qu'enfin cet apôtre des derniers temps est l'ecclésiarque des cathares, le patriarche des docteurs gnostiques, et de l'Église du Paraclet, dont Pathmos fut le berceau inspiré, les sept Églises d'Asie, les saintes métropoles; et l'Apocalypse, la prophétique épopée
Ces raisons puisées dans un ordre conjectural et