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2, Iitarglesfaadoii6t. Légw, Maston, Monestier.
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HISTOiR£ DES ALBIGEOIS aS9
k tradition cléricale et de l'oiphre du sanctuaire. Le léonieme était donc seal a ne Ëg-lise franchement et radicalement biblique, reconnaissant la souveraineté
• delà parole de Dieu, tandis que, les deux autres subordonnaient plus ou moins à leur sacerdoce le livre divin, à rÉgli<;e, son chef qui est le Christ. Cette mutilation de l'Écriture par les cathares, et cette séquestration par les catholiques avaient effectivement lieu; pour les premiers dans un intérêt doctrinal, pour les seconds dans on intérêt surtout sacerdotal. Mais la raison invoquée par Manda est vraiment grandiose et a sa source profonde dans un ordre théogoniquë. . •
L'hérésiarque chaldéen partait du fait incontestable d'ane révélation originelle donnée par Dieu même à Adam. Le temps l'avait dochirée, et les religions antiques, congénères à la fois et diverses, n'étaient que des lambeaux plus ou moins altérés de cette Loi primordiale. Instruits par les anges, les patriarches du genre humain avaient transmis ces
• fragments divins à Manou, Zcrgastre, Moïse, Hermès, Orphée^ Il fallait dégager la vérité de cet amas de fables grecques, juives, persanes, indiennes, égyptiennes. Jésus l'avait fait, et l'Évangile n'était que
ridée divine extraite du chaos des antiques mytho-
1. Incarnation, fhuto, sacrifice de D'iow, trinité, ce sont là les vestiges de ce christianisme primitif, qui, consei*vés en t^'aits frappants, dans Tanoien culte de Tlnde, se retrouvent partout de même an eosur de TAsie. Par où se confirme ce qui a été précédemment avancé qne TEvangile n^est pas senlement prophétisé par la Bible, mais par l' Ancien Testament du penre humain tout entier!... (Quinet, Génis det religionit Uv. 111, ch. ft)
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logiee. Mais rÉvangile était déjà corrompu : nue seconde ôparatioQ était nécessaire; c'était la mission deManèSy l'envoyé dn Paraclet Ainsi le catharisme se présfintait comme nne sublimation mystique, la volatilisation divine de la pensée do Christ. Si cet audacieux génie élaguait les évangiles judéo-chrétiens tels, que Mathieu, Marc et Luc, i\ plus forte raison devait-il rejeter Tensemble des livres hébraïques. Le mosaïsme qui n'avait que des promesses terrestres pour un ?)euple mntériel, isolé de la race humaine, tra^nsfuge do la communion uoiverselle^ le mosaïsme, comme loi temporelle, divisionnaire, exclusive, devait disparaître tout entier avec les révélations partielles et exclnsives des gentils. Moïse, ce gigantesque cosmogone, avait, aux yeux de ce mage à demi indien, amoindri l'univers et rétréci Dien. Jéhova môme, en tant que Dieu créateur, national, anthropomorphe, n'était pas le vrai Dieu, le Dieu immuable, immobile, le Dieu un, unique, universel. Il n'était ((u'nn principe secondaire, négatif, et en un mot {cette adîrmation n'avait rien de blasphématoire dans sa bouche) Lucibal ! Ainsi Manès allait élaguant du livre du genre humain la Loi mosaïijue, et ne conservait de la Bible que les écrits de saint Jean; et son livre des Révélations n'était probablement que la Gnose, l'interprétation mystique du mystique tfpôtre delà lumière et de l'amour, et comme l'apocalypse de la religion dn Paraclet, plus clémente et plus éthérée que celle de Pathmos^ .
1. Ce cbristianismo adamique a été reconnu par Origène, par saint Augustin, pai* saint Thomas, par Bossaet, et, de nos jours, par Lamennais.
Le livre des Révélations, par lequel Manès, apd« * tre da Paradet, expliquait Jean, l'apôtre da Ghristy est perda. Les litargies, les prières^ les cantiques, ane conlroverse de dix sîôcles, toot a été détrait ; il n'en reste pias ane syllabe. Si ces documents manicbéens sont totalement anéantis, c'est que les cathares du moyen âû^e avaient évidemment rejeté toutes ces j^loses humaines, et le livre prophétique de Manès lui-même, pour s*en tenir uniquement aux écrits inspirés de saint Jean. Nous pensons toutefois que I e m a n i chéi sme antique et le manisme aqaitain, malgré des divergences nombreuses, sont au fond congénères. Leur source commune était le Mani, mais Talbigéisme prétendait descendre des sept Églises d'Asie et des visions de Pathmos. Son patriarche n'était pas Manôs, mais le Boanerge, l'ami du Sauveur.
Abordons maintenant la discQSsion telle qu'elle dul avoir lieu aux conférences de Paniiers. Reconstruisons sur un dogme le paraclétisme anéanti, comme les, géoloi^ues reconstruisent sur un ossement le squelette d'un animal antédiluvien. Recomposons sa charpente osseuse, sa membrure éternelle, négligeant les formes variables et fugitives, la chair, le cuir et le crin du monstre divin. Saint Augustin nous fournira le dogme générateur. Le jeune docteur numide, encore manichéen» appelait Dieu l'Unité, la Monade^ La Dyade est le multiple, et le multiple c'est le monde. La Monade étemelle contient nécessairement la