Orég. Nazian. Carminfl
Digiti/oa by Cookie
HISTOIRE DBS ALBIGEOIS 886
le mariage par la présonce du Christ., les fêles nuptiales, rusage (les viandes et du vin. Mais force nous sera de convenir que les Albigeois nes'écartaient pas de celle doctrine, de cette morale, de cette hygiène. Ils se renfermaient avec la plus scrupuleuse exactitude dans le texte joha'imite, et quand ils s'en échappaient c'était à la faveur de Tiaterprétation allégo- TÏqùfi, pour mettre d'accord, à la manière d'Origène, le spiritualisme chrétien avec la mysticité panthéistiijue du néoplatonisme. C'est rÊvangile interprété parle génie alexandrin. De là un cHristianisme oriental qui dififôre du christianisme judéo-romain autant que Marie, la rêveuse et la crontemplative, diffère delà positive et laborieuse Mailhe. Le catharisme, en effet, ressemble à la tendre sœur de Lazare, répandant avec des soupirs uu parfum sur les [)ieds du Sauveur quNdh» es-«uyait avec sa chevelure; et l'udeur de sou luysiique amour s évaporait, comme un nard pur, dans tout l'univers.
Les docteurs catholiques de Pamiers demandèrent sans doute aux cathares dequel droit ils retranchaient TAncien Testament tout entier et ne cousenraient du Nouveau que les écrits de saint Jean. Les johannites durent répondre que l'Église du Paraclet n'est point anti-scriptaraire ; que les disciples de l'Esprit avaient au contraire, iur>'{ue l'Eirlise primitive se pnrdait par l'ensei.i^nement oral et IruUiLiouuel , revendKjué . rÉvangde pour la ra encr à la parole et au ly[)edu Ghrisl'; (jue le ternie //nosh'jne *loi;t on i»*s honorait et dont on les lielai mamteu<âiit, est encore une
U M. le prof. Reuas, de Strasbourg.
preuve de leur science théologiqne et l'antithàse da terme de catholique, désignant ce christianisme grossier, vulgaire, matériel, alors hérétique, aojoard'hui . orlhiocloze, grftoé à la barbarie et aux ténèbres de
. rOccident*. Lee cathares étaient donc essentiellement scriptoraires; maiis la Loi mosalqne n'étant pins qa'ane loi préparatoire, ils la supprimaient comme nécessairement périmée, et d'ailleurs juive; ils conservaient le Nouveau Testament, en élaguant toutefois tout ce qu'il gardait de judaïque, et le résumaient dans Tévangile de Tapôtre bieii-aimé qui^ se penchant sur le sein du Sauveur, en avait mieux connu
. le sentiment im,morteL ♦
Les johannites purent à leur tour demander aux catholiques de quel droit ils ajoataient au Canon hébreu Tindigeste amas des livres apocryphes. D'ailleurs ce canon de F Ancien et du Nouveau Testament dont lee catholiques se vantaient de conserver intégralement la totalité» n'en rendaient-ils pas de fait . la conservation nulle, puisqu'ils refusaient la Bible au peuple, tandis que les Albigeois mettaient aux mains des laïques, en langue vulgaire, avec les écrits de saint Jean, la plus pure fleur de la parole de Dieu. Les léonistes seuls conservaient dans toute son intégrité le Canon des É(Titures* : les cathares n'en gardaient qu'un fragment, mais le plus divin; et les . catholiques, en y surajoutant, le dérobaient tout entier au peuple, puisqu'ils le tenaient inviolablement caché sous le triple voile d'une langue inconnue, de