PlatoA : Zhk le Tivaiit: «v tm», l'Être deiÊtree
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premier article da symbole cathare. Les docteurs
catholiques de Pamiers, comme autrefois saint Augustin, dans sa dispute avec Fau^tus, le manichéen, durent se récrier : « Gomment ! vous confessez un seul Dieu? — Un seul absolument ! — Cependant, vous reconnaissez deux principes, l'un du bien, l'autre du mal i — Deux priacipes, il est vrai, mais il n*j en a qu'un que nous appelons Dieu. » — Voilà ce que peasaient au siècle les manichéens de Car* thage. An moyen ftge les cathares des Pyrénées répondaient de même : Un seul Dien primordial, et dans ce Dieu denx principes secondaires. Quelquesuns disaient : Ce Dien a denx fils, Jésus et Lucibel^ Pour comprendre leur doctrine mettons-nous à raisonner sur Dieu. Dieu est l'Etre, l'Etre un, unique, uniyersid. Mais cet Être infini, comment a-t-il produit Tunivers? Cet acte primordial suppose, dans l'Etre essentiellement un, deux principes : un principe positif qui conçoit les types dos choses; et un principe négatif qui distingue en les circonscrivant ces divers types. Le premier, c'est la vie; le second, c'est la forme. Or, cette forme caractéristique des êtres finis» c'est le mal, négation do bien. Le bien, principe positif, est la vie, la lumière, rintelligence, le Verbe uniquement engendré de Dieu;. c'est celui qu^on a nommé le Fils de Dieu, Dieu lui-même*. Le
1. pK-rro do Vaux-t^fi-nav. Ce (iopnu' « tranpe a ét»! relevé de nos juui-ii par le célèbre iihilosuplu» ullL'iuaad Scholliog.
2. Caire les trois propriétés substantielles ou les trois Per^ sonnes qui constituent Dieu, il existe donc encore en Ini un principe nécesHairo do distinction représentatif du fini, et dont 1» fonction purement négative se réduit à distinguer les unes des
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principe néîratif, c'ost-?»-dire l i forme, la limite, les ténèbres, est une force discordanle, un anije révolté, Lucibel ou Sataa. Il est le père du mensonge, car il neprodait que des apparences, des formes perpétuellement changeantes. Meurtrier dès le commencementt il est le père de la division et de la mort qui divise tont. De là dérivent> dans la société, les guerres; dans la nature, les orages. Roi de rempire des discordes, il est, selon la magnifique exprès- ' sioD d'un poète cosmogoniqne, le Grand Anarque^. Mais Satan, borné lui-même, contemporain des premières conceptions des ètros tinis, n'est ni le Fils de Di*ni niDieu. Tel est le fondJadoirme cathare dans sa formule orientale. Cette conceptiou de Dieu et de la création, toute défectueuse qu'elle puisse être, et toutes le sont plus ou moins, explique suffisamment comment cet antagonisme des deux principes est devenu , dans lesjmbolisme des théogonies antiques^ unie guerre desanges, et comment leur chef, l'archange de la révolte, précipité du ciel» a concouru dans sa lutte contre le Verbe créateur ft la formation de l'univers; comment enfin cet univers est le théâtre de leur guerre, guerre qui ne doit tîuir qu'avec le temps; alors, sur les débris du temps et de l'univers, Satan lui-même sera (h'truit • il mourra au péché. l,e Christ vainqueur ramènera le proscrit repentant aux pieds de Dieu.
antres, en les circonscrivant, les idées en Dien. comme les êtres créés ou ces idôt s mêmes réalisées hors de Dieu sont individuellement distincts par ce qui, tenuiiiaut chacun d'eux, les circonscrit eu soi. Lamennstia : De la Keligiua, ch. ^. l. Milton.
Cette poésie théogonîque est 8Bperbe : flenlement la formule cathare est dogmatiquement incorrecte. Diea n a qu'un fils, le Logos. Lncibel* Satan, c'est 1 ennemi, l'esprit révolté, l'ange des ténèbres miî cependant kmce la lumière. L'erreur, quant au pnncipe négatif, c'est del'avoir animé, c'est d^avoir donné nne substance au rien, transformé le néant en . ange, et posé le non-être en antagonisme éternel avec Dien. Mais les catholiques, en réalité, ne le font-ils pas aussi bien que les cathares? Distinguons encore; il y a bien des nuances dans la conception de TEsprit du mal. Le Satan de Milton est soperbe; le Satan de Danteest bestial et monstrueux; le Satande Goèthe est un Gusman d'Alfarache sceptique et roué*. Le Lucibel cathare est moins mauvais que le Satan de rEvangile. U tient plus du Satan de Job qui entrait dans les conseils de Jéhoro. Prince et principe de la distinction dans la création de l'univers, il est 1 agent ayoué de Dieu et le collaborateur du Christ. Aussi paratt-il moins criminel que malheureux, le cœur triste et le front éploré. On dirait un e7ira?it prodigue et repentant du ciel. C'est pourquoi le grand Ongèneen a conclu logiquement que Lucibelse con- ▼ertirait un jour et que le Christ ramènerait son mélancolique frère aux pieds du Père attendri, qu'U reprendrait sa place à la téte des chœurs sacrés et le rétablissement des exilés complétera l'immortelle allégresfiedes deux*. Les Albigeois sur ce point parla-
t. Paradis pordu. — Divine comédie. — Faust.
«^uJï^'',^"^° ^-^^ "'^ ^'■^^'^ théologien Al.oxapd4'i4 et Albi* ^géiate d«iia 1m strophes la Bouckf d'ombre.
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geaîent les opinions da célèbre docteur alexandrin.
De la question de Diea dérive celle de la trine-nnitô divine. Tontesles sectes platoniciennes sont trine-nm« taires» et les Albigeois sans aucon donte confessèrent à Pamiers, sons ia triple appellaiion du Pére^ du Fils etdeVEsprity un seul et même Dteu, Mais, àï^ salent les catholiques, le Fils et l'Esprit sont-ils Dieu au môme litre que le Père ? — Non, répondaient les cathares, Jésus n'est que le premier-né de toutes les créatures, la splendeur du Père, le simulacre de Dieu^. Au temps de Manès, le dogme de latrine-unité de Dieu n'était pas rigoureusement formulé. 11 ne le fat que cent cinquante ansaprôs par Athanase au con* cile de Nicée*. Les Pères grecs de cette époqae, tels qae Justin, Clément, Origôae, ne s'éloignaient goèr^e de la trinitéde Platon. Manès diffère deses contemporains : le Fils et TEsprit étaient, selon Ini,' deux émanations on proboles dn Père. Les cathares du ■ mojen ftge étaient revenns à la trinité de Platon et des Grecs antérieurs à Constantin. Ils tenaient le Fils inférieur au Père, et l'Esprit inférieur au Fils. La trinité cathare à ces deux époques est donc ég-alement incomplète, dans le sens orthodoxe. Gonsubstantielles, les trois personnes tiivines n'étaient pas coéternelles. C'est Terreur des trois premiers siècles. Mais cette erreur qui fait du Fils une créature^ et à pins forte raison de Satan, son contraire et son infé* rieor (si même ce pri^plpe négatif peut avoir nne ombre d'être), justifie Iss manichéens sar l'éternité
1. Saint Paul. Hébreux, 1, 3. D'après Maaès, la prejuidre et primordiale probole de i'Agaostos.
afld HISTOIRE DES ALBIGEOIS
des deux principes, errear destnictiye de la notion mdme de Dien.
Jostifions donc les cathares sur cette éternelle accusation (le dualisme. Un Dieu unique et dans ce Dieu suprême deux principes secondaires, telle est ridée commune, la conception génératrice de toutes lesthéogonies antiques. Toutes ces théogonies, disonsle hautement, sont radicalement monothéistes. Toutes sont parties de l'unité, de l'ahsolu * ; mais pour expliquer la nature des choses, l'unité se brise ; le monothéisme se résout en dy théisme; pnis, descendant tonjonrs, en polythéisme. Le Dieu saprème, frag^ monté d'abord en dieux secondaires, finit par se pol- ▼ériser en une fourmilière de dieux infârieurs, et à disparaître sous ce nuage d'insectes. L'Inde adorait, comme dieu unique, Brahm ; TK^rypte, Amoun;*la Perse, Zervan. Orniuzd et Arhitiian n'étaient tpie les éner^io^ créatrices île Z'M^van. Ur mi/ l est .'ternel, mais Arhimau. ne Test pas. Lo duiilisdio piM^san est donc contingent, relatif. Zoroaslre u a donc pas enseigné un dualisme absolu, et Manès, qu'où prétend être son disciple, n'a pu emprunter, comme on l'en accuse, son dualisme radical à l'antique révélateur des Perses*.
Il 7 a plus : Manôs n'est point un disciple de Zo« roastre. Manès, nous l'avons vu, est Chaldéea. Il est étranger et môme hostile aux Perses conquérants de la
Ghaldée. Il entreprend la ruine du raasdéisme, la religion dos Perses. Il succomba dans son enlrc|inse