Pandis perdu, III
aai HISTOIRE DES ALBIGEOIS
il a recréé TaniTers moral. Dans an certain sens, l'agnean est perpétuellement ioimolé et aa mort est la Tie da monde^ et le monde est son étemel calvaire ^
Sur la naissance du Christ trois systèmes se sont produits : l'ôbionite, le cathare et le gréco-latin. D'après le système ébionite ou juif, Jésus descend d'Abraham, était fils de Joseph et de Marie; (1*0(1 la généalogie de saint Matthieu et le drame bucolique de Bethléem. — Le cathare transporte ce drame dans le ciel. La mére du Christ n'est point Marie, la yierge de Sion, mais Mani (Mens), l'âme d'Âgnostos. L'Esprit est un principe féminin. La Cûnsohtrice l'enfanta avant l'Aurore, et le Verbe naissant créa le monde invisible, type du monde matériel. Revêtu d'un corps éthéré, il descendit avec la beauté et la splendeur d'un Dieu. — Le système gréco-latin se place entre Tébionite et le cathare. Au premier il prend Marie, au sorond l'Esprit. 11 divinise la Vierge pour la rendre digne de l'hymen d'un Dieu Les cathares ne pensaient qu'avec horreur que le Verbe eût pu naître in utero midieris. Marie conçut par l'entendement le Verbe divin. Cette doctrine se retrouve chez les Pères, non seulement d'Orient mais d'Occident. Dieu parlait par l'ange et la Vierge sUmprégnait par les oreilles, dit saint Augustin. Le Verbe « entra par l'oreille de la Vierge dans notre monde, revêtu d'une robe de pourpre; et, lumière et
1. Lamennais d'aprôs les Ihéog. aut.— Ea^.d'tttto phii. 1, 112.
^i. Khuuu : \'ie de Jéiïus.
ornement de l'univers, il en sortit par une porte d'or. » Tel est Thyrane liturG:ique do Lyon, rédigé probablement par les Grecs Pothin et Irénée. Ainsi parle Proclos, patriarche de Constantinople, Grégoire le Thaumaturge- et TEglise orientale avant Nicée ^ Bossuet est gnostique quand il dit que le Christ sortit utero VirgimB^ comme un irait de lumière, comme un rayon du soleil K Use forma donc un parti mixte entre les cathares qui le faisaient descendre du ciel avec la majesté d'un immortel, et les ébionites qui le faisaient sortir de? entrailles de la ViorQ:e comme un petit cnfnnt couché dans la crèche Botlil*'t'in. I/enfant a son auréole, la Vierge est une sorte de dr-esse, rallaitement est virginal et l'étable se change en une grotte lumineuse où résonne la harpe des anges. Saint Luc a fourni ce thème ravissant à la poésie de saint Bernard et au pinceau de Uaphaôl
Le Christ juif est un homme, le Christ oriental est un Dieu; le Christ gréco-latin est Thomme- Dieu. Les deux premiers sont très simples; le troisième est composite et complexe. Il n'existe que par la tête et le cœur. La partie basse de l'homme se dérobe. C(> (ihrist, né de rEsjirit, iils d'une déesse, is^u d'un enfantement vii'ginal, éthéré, aérien ; ce Christ qui passe à Iravei's les portes et les murailies, qui marche sur la mer comme sur le