‹ Histoire des albigeoisChapitre 252 sur 442 · Beaombref II · texte numérisé non relu

Beaombref II

2. Saint Paul, I Cor. VIII, a — Rom. XIV, 17. — GoIom. II, 8, 16, 21. — Hebr. XIII, 9.

les docteurs albigeois eurent beau jeu à leur demander le principe de leur ascétisme et à leur démontrer qu'ils n'étaient au fond que des manichéens exagérés et inconséquents: inconséquentspaisqa'ilsn'admettaient pas dogmatiquement la manvaiseté ou l'inanité delà matidre, et exagérés puisqu'ils en tiraient des conclusions excessives telles que la cldture monastique et cénobilique, rejetée parles cathares qui cependant se permettaient quelquefois l'anachorétisme sauvage des grottes et des forêts.

Les Romains, avec cette hauteur superbe dont ils ont seuls le secret, demandèrent à leurs adversaires s'ils recevaient l'Évangile. Guilhabert de Castres put leur répondre comme autrefois à Augustin Téloqnent Faustus: « Vous me demandez si je reçois rËvangile? £st-oe nne question à faire à un homlne qui observe tous les commandements? CSe serait à moi àTousdemander si vous recevez l'Évangile, puisqu'on n'aperçoit en vous aucune marque que vous le recevez effectivement. Pour moi, j*ai quitté père, mère, enfants; j*ai renoncé à tout co que l'Évangile m'ordonne d'abandonner. Et vous me demandez si je reçois l'Évangile! — Je vois bien que vous ne savez pas seulement on quoi consiste l'Évangile qui n'est autre que la prédication et les commandements de Jésus-Christ. J'ai renoncé à l'or et à l'argent; j'ai cessé d'en porter dans ma bourse. Je mécontente de la nourriture de chaque jour. Je ne suis point en peine si j'aurai demain de quoi me nourrir et me vôtir. Et vous me demandez si je reçois l'Évangile I Vous voyez en moi ces béatitudes que Jésus- Christ a préchées et qui composent l'Évangile. Vous

HISTOIRB DBS ALBIGEOIS

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rae voyez pauvre, doux^ pacifique^ ayant le cœur pur. Vous me voyez dans les larmes, soutfrir la faim, la soif, la persécation, et la haine da monde à causa de la Justice. Et tous doutes encore bî je reçois l'ËTOigile ^ »

Voilà, certes, un éloquent tableau de la sainteté

cathare. Il y avait plusieurs degrés d'initiation. Ceux qui observaient rigoureusement les trois vtwux étaient appelés par les Grecs Parfaits^ et par les Latins Eli's. Les Élus étaient les docteurs. Ils enseignaient la multitude; et tous ces novices vivantdansle monde, et qui n'avaient le droit que de les écouter en silence, étaient, par cela môme, appelés Auditeurs *• C'étaient les PosUtlanU la primitive Église; non de rÉglise apostolique qui, surtout celle de saint Paul» était essentiellement libre^ populaire, et vivant en plein soleil; mais de l'Église du second ftge, qui se dérobait au jour et à la foule, cherchait les cata-> combes^ s'enveloppàit du voile de l'oracle d'Eleusis, et de Tombre des mystères de TÉgypte. C'est une preuve de l'antiquité et du génie oriental du manéisme d'Occident. Les séculiers vivaient de la vie laïque; ils se mariaiont, possédaient, acquéraient, vendaient, labouraient, moissonnaient, buvaient du vio, mangeaient de la viande, chassaient leur proie, revêtaient l'armure de guerre, et enfourchaient leurs palefrois de bataille. Les Parfaits ne paraissaient dans les combats que pour prévenir l'effusion du

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