CHAPITRE VII
Cnîte cathare. — Temple, prédication, musiqn*'. — Fôtes, le jour du soleil, la Mauisula. — Agape, consulament. — Diacres «t diaeoiieBBes. — Fila maj«ars et mineun. — Évêques pa> triarches. — Ecclésiarqae.
Sons Constantin le Grand, le christianisme vainqueur s'était approprié les dépouilles du paganisme ▼aincn. Le culte impérial prit au polythéisme les temples, les autels, les i ompes, les évolutions, les bannières, les couronnes, les lampes, les fleurs, Tencens, les hymnes, et jusqu'auxvêtementssymboliques des prêtres, et jusqu'aux simulacres de ses dieux. Malgré cet amalgame scandaleux les catholiques, avec leur imperturbable assurance, ne mancpiaient jamais de taxer de paganisme les cathares. Les docteurs de l'amiers, à l'exemple d'Aut:ustin, n'oublièrent probablementpasdedireaux Albigeois qu'ils n'étaient que des païens schismatiques. Mais les Albigeois purent répondre avecFausIe de Garthage : « Les païens serrent Dieu par des temples> des victimes, des parfums. Pour moi, je le sers tout autre-
SM
HISTOIRE DBS ALBIGEOIS
ment, et j'ai une tout autre opinion du culte qui lui est agréable. C'est moi-môme qui, si j'en suis digne, suis le templo raisonnable de Dieu. Jésus-Christ, son fils, est le simulacre vivant d'une majesté vivante. Une âme instruite de la vérité est son autel. £t à régard des honneurs qu*il faut lai rendre, des sacrifices qu'il faat loi offrir, ils consistent uniquement en de simples et pores prières. Gomment donc pouyez- ▼oos dire que je sois un schismatique séparé du
corps des païens! ^ >
La simplicité du culte cathare est une preuve qu'il est antérieur à l'amalgame du christianisme et du paganisme accompli au iv*^ siècle. C'est absolument le culte de l'éLrlise apostolique. Ainsi, point de cités saintes, comme Rome, la Mecke, Bénarès. Point de templesde pierre, carapaces d'un Dieu matériel. Point de simulacres d'hommes divinisés; point d'autel, point de sacrifices, point de parfum. Leur temple^ c'est la Toûte du ciel, en Orient; mais en Occident, un toit quelconque les abritait d'un ciel pluvieux. A reztrémité de cette salle nue^ sur un pupitre revêtu d'une tunique de lin pur, était perpétuellement ouvert l'Évangile de saint Jean, le volume du Bien-aimé. On le paraphrasait avec simplicité mais dans un sens spirituel. C'était moiiis une prédication qu'une instruction morale, l'exemple du Sauveur. Cette homélie, avec l'invocation initiale, la confession des péchés, l'oraison dominicale, et la bénédiction finale entrecoupés de génuflexions composaient tout le culte