Saint Augustin, adv, Fûiulntm
HISTOtttB OBS ALBIGEOIS
cathare. L*église apostolique était sans cantique; l'église johaunite également n'avait point d'hymnes. Cependant la plus mystique, des églises devait adopter le plus mystique des arts. En etfet, c'est par les gaostiqoes orientaux que la musique s'introduisit dans le culte chrétien, hérésie harmonieuse. Les manichéens également étaient ivres de musique et de mélodie. Manôs, grand musicien, inventeur d'un instrument nommé choélis, avait, ainsi qu'Agapius, et d'autres poètes gnostiques^ composé un grand nombre de cantiques *. Ils louaient Dieu, le Père, le Fils, TEsprit-Saint, et la félicité des élus dans le ciel. Mais au moyen âge, la musique avait subi le sort des fablesastronomiques. Gesplatoniciensavaient mis la musique à la porte du temple, commo Platon la poésie à la porte do sa république. Mais ils honoraient dans le monde la mélodieuse exilée, et le catharisme est une des cannes du développement poétique et musical de l'Occident.
Gomme tous les Orientaux ils priaient beaucoup et avec de fréquentes génuflexions. Ces génuflexions
i. D*apréfl Popinion commune, les chrétiens orthodoxes seraient les premiers organisateurs de la musique liturgiqae.
M. Satbas cite des exeniplos d'où il rosulto que les chrétiens ont emprunté aux hércti<iue3 l.nirs chants et k'urs drames. M« thodiusles pritaux Vulentiuiena; saint 1 piireiu a liurdcsaue eta sua fila Harmonins. Arias foma nn système complet de mosiqae et de liturgie. Il composa des chants populaires pour les laboareur>«, matelots, les courriers. Ce recueil, intitulé Thalia, fut détruit par los eniiiereurs orthodoxes, qui tout«'fnis, en suiqjrimant le livre, gardèrent les mélodies. Lu des prmcipaux propagateors de cette musique purifiée fut Ghiysostome. Ainsi û musique religieuse est d*origine arienne et gnostique. Journal des Safaats. JuiUet 1S79.
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sont grecques, car la prosternation est plutôt orientalf. Le jour, ils se tournaient vers le soleil, et la nuit vers la lune, ima,Lr«^^s du Verbe divin. Les premiers chrétiens observaieut cette môme attitude, et c'est ainsi que los vieilles basiliques ont toujours leur chevet tourné vers l'aurore. Ce rite évidemment est oriental, car on le retrouve dans les ruines du temple-de Jérusalem (Ezéchiel viii). Le jour du soleil était aussi pour eux le jour du Seigneur, le jour périodique de la prière, et du repos. Ils célébraient la féte de la Nativité, ou plutôt de la théophanie du Ghrist. CSar, semblable à la sagesse antique, leur Christ n'avait point de môre dans l'humanité. Aux catholiques, adorateurs effrénés de la Vierge S ils opposaient cette réponse du Christ à Marie: Feniine, qu y-a-t-il du contninn entre foi et moi? (Jean ii). Chez les cathares, la virginité, non moins appréciée que cliez les catholiques, partait d'un principe ditférent. Ils célébraient aussi les fêtes de la Passion, bien que ce Christ éthéré a*ait pu soulfrir sur la croix; de la Résurrection, bien quece Christ immortel n'ait pu séjourner dans le tombeau, et de l'Ascention, qui terminait triomphalement lesscèneslugubres de la tragédie céleste. Ils célébraient surtout la descentede l'Esprit su ries apôtres. Mais ils n'honoraient niapôtre, ni saint. Les vieux manichéens honoraient Manôs, le grand envoyé de Momû Ils commémoraient sa mort, qui n'avait dû être qu'apparente comme
I. Le cnlte delà Vierge, mâme chex les plus pieux, n'est pas 8BXIB une certaine sensualité. Le P. Grati7 dit quelque part, à propos de l'eucharistie : La chair du ChristtiMtAdêUktllmri^la Yiêrgt» Ah t tnanger la chair de la Vierge t
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celle da Christ; aussi plaçaient-ils cette solennité funèbre au print^mp^;. Point d'image, seulement une chaire vide, élevée de cinq degrés» et couverte d'un riche tapis emblème de la présence mjstiqae du grand docteur chaldéen. Delà son nom grec de ^^ma, chaire, trône de l'Esprit*. Lès cathares occidentaux changèrent ce nom en celui de Manisola, ou Mani' losa, consolation ou louange du Mani, et dont ils plact>rent plus convenablement l'époque en automne. La fête (Hait roinoiitée du prophète à son type <livin, le Pnra<det. Au movtni ftge, ces souvenirs du réformateur clialdéeii, et ces réminiscences du culte des astres s'etfacèrent insensiblement, et rÉirlise ne reconnaissait de docteur ni de soleil que le Christ. Le manéisme aquitain n'avait donc que quatre p^randes fêtes, Nadaly Pascos, Pentecosta» et Manisola. 11 en donnait deux au Sauveur et deux au Consolateur.
Ainsi la prédication, la prière, la confession, par- * ticulière et générale, mais toujours publique et à
haute voix, entrecoupétisdegénullexions, San s musique ni cantiques que la mélopée naturelle à la langue romane, avec Tinvoc^ation et la bénédiction, et le baiser de paix, voilA, dans sa simplicité, le culte cathare. Ce culte était en dialogue, et comme le Verbe, et non pas le sacriâce, en était le -.'iiérateur, il s'appelait le Scnnon. Gnose, il dérivait delà chaire et non de ïautcL 11 fauty joindre deux sacrements: la bénédiction du pain ne se célébrait pas dans le temple^ mais dans les maisons, à chaqœ repas; il en