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aO HISTOIRE DES ALBIGEOIS
Le chef de ce soulèvement c'est le comte de Coin» rnengey Bernard 11^ crocodile revéta d'un tricot de fer, ou recouvert de squames d'ader» Ce j^rince vint assiéger Bertran et réclamer sa capitale, fiitidiqae. Une bataâle eut lien sans doute, peut-être un assaut de Lugdunum. Bertran fut délivré probablement par le comte de Toulouse et les barons de la lia, ses parents. Le chef ennemi fut vaincu, fait prisonnier dans le combat, et mené captif dans la Cité. Fut-il décapité sur la place publique ou converti sur le seuil de la cathédrale ? Se reconnut-il le vassal de Févêque, et renonca-t-il pour toujours à sa capitale? On Tignore; Mais le comte de CSoatmenge demeurarennemi le plusachamô del!£gli8e romaine, n ne reste de cette guerre qu'un crocodile empaillé et suspendu par deux anneaux de fer aux voûtes de la cathédrale comme un trophée
Nous devions ce souvenir à une cité antique fondée par Pompée, berceau de la réformation de Vigilance, et tombeau d'une insurrection pour l'indépendance du Midi , contre les Mérovingiens ; métropole des fih (TAïtor, les Jaounas de Toulouse qui combattirent contre les Garlovingiens, et forteresse des fils (TAznar qui combattront contre les Capétiens : des sept rameaux de Gommenge, Garcasscmne, Foix, Gonserans, Palhars, Andorre et. Barcelone^ toute la chevalerie du Paradet.
Bertran est contemporain de Bérenger de Tours et de Grégoire VIL II ne se mêle point aux controverses de âon temps. Son monument, à lui, c'est sa
). D^Âgos et Dulon, Notices sur saint Bertran»
HISTOIRE DBS ALBIGBOIS 11
ville. Bertran ne bâtit qu'une ville de pierre aux lieux oîï Vij^ilance et Félix d'Urgel construisaient, avec de3 dogmes, la cité de Dieu. Bertrau est un évôqae populaire, un prélat rustique de Técole d'Ëxsupôre, son compatriote. Seulement Exsnpère était on pâtre ; Bertrao est un patricien. Il fut élu par les barons et les bergers. Ezsnpère n*était ooifEé que da béret; Bertran an béret joint la mitre ét an besoin ajoaterait le casqne. Mais c'est encore l'évôque pyrénéen. 11 est l'ami des pastours; ses miracles sont tout rustiques : ce sont des chasses et des pêches productives II multipliait le vin et le gibier. Il ne défendait pas, comme saint François, ' les animaux innocents. 11 livrait aux chasseurs les isards des rochers et les palombes des bois. Il était, on le voit, de la race de saint Hubert et da roi N'Artos^. L'évéqae et sa ville seront aussi ponr les hommes de proie, les chassenrs d'hommes et de nations, les Nemrod de la croix et da Vatican. Bertran moamt vers la fin do siècle, comme Vigilance renaissait, ayec Pierre de Bmeys, dans les Pyrénées.
Commenge, âpre et guerrière, a pour fille gracieuse la poétique Carcassonne.
1. Saint Hubert était Gantabro et frère d'Aitor, le puissant Jaoïma d*Aqiiitame, et paut-étro un ancêtre de niut Bertran.