‹ Histoire des albigeoisChapitre 280 sur 442 · U imaijana^ tome IV, cbap. 14, stroph · texte numérisé non relu

U imaijana^ tome IV, cbap. 14, stroph

GHAPITRB m

Armementa des Croînés. — Philippe- Auguste en refuse le commandement. — Mais il met à leur tClo deux chefs ailidés. — Uu prince de sa maison, le duc de Bourgogne. — Un officier de ta coar, Simon de Montfort. — Le croisade se forme en trois massai jtoormei. — Blleaa*ébraiilenietooiiTergeiitT«n leMidL

n fallut deux nnsc^ Rome pour ras^^emblcr, or^^aniser et lancer sur le .Miiii cet ourag-an d'hommes, de chevaux et de fer. L'hymne Inirubre parti de la basilique du Gastellar, et le cantiiiue funèbre des bords du Rhône, s'entre-répondaient, comme deux chœurs de mort, de ville en viîTe, dans tout l'Occident, Les chaires répercutaient les paroles furibondes qui tombaient dn Vatican. Des prodiges sinistres éclataient sor la terre et dans le ciel. L'Aquitaine assista pendant denz ans aux apprôts de son supplice, aux pompes de ses funérailles.

Il est à remarqner que les trois grands promoteurs de la croiiïade furent trois Espagnols, l'abbé de Cîteauz, rév<''quc d'Osma el saint Doiiiinique.

RISIOIRF. DES ALBIQKOIS

L'expédition fut résolue an monastère de Saint» An*

tonin de Pamiers. Après les conférences du Castellar, les docteurs catholique? s'étaient dispersés. Uévêque d'Osma, remontant l'Ariège, repassa les monts au port d'An lorre et mourut bientôt nprès en Gastille, sur le point de revenir en Aquitaine» pour la croisade. Raoul, légat du saintsiôge, tirant vers le Rhône, pour se joindre à son collègue Castelnau, mourut à l'abbaye de Franque-Vanz, près de Nîmes» airant la scène tragique de Saint- Gélis. Arnauld Amalric, abbé de Gtteaux, était revenu dans le nord , laissant pour chef des missionnaires de FAlbîgeois, Gui« abbé de Vaux-Gemay. Mais n'obtenant aucun succès, ils 8*en retournèrent bientôt en France. Dominique, seul, resta dans les Pyrénées. La croisade fut prêchée simultanément dans le nord et dans le midi. Au nord de la Loire, le puissant abbé de Cîteaux mit en campaL'uo ses prédicateur^:. Ces moines entraînent les seigneurs en promettant les indulgences du pape. Ces indulgences étaient les mêmes que pour la Terre- Sainte : ce ne serait qu'une courte guerre ; des provinces voisines à conquérir, de riches châteaux, d'opulentes cités, le plus beau pays du monde, au Heu de passer les mers et de batailler dans les déserts d'Orient. Aussi beaucoup de princes prirent^ils la croix. De ce nombre, Eudes III, duc de Bourgogne, du sang royal de France; les comtes de Nevers, d'Auxerre, de Saint-Paul et de Genève. Pour se distin^ruer des croisés d'Orient, qui portaient la croix roii«;:o sur r.''|>;iu]e, ils hi luiretit sur la poitritio. Lh8 Cisterciens d'Aquitaine parcoururent i'Au-

M HlSTOiUL DES ALBIGEOIS

vergne, le Limonsln, le Périgord. Le comte de Fo* r^, le eemte d*AtiTergne, les vicomtes de Tarenne

etdeGourdon, prirent lea armes, mais ils étaient sympathiques. Le comte d'Auvergne venait d*ôlre relevé d'un anaflièmo qu'il ex(ùait en pMerin. Au pied des Pyrénées, le principal missionnaire fut Dominique. Cet Espag-no! i^uiMTOvant s'était campé au Villar, en ])loin Lauragais. De là il tenait en échec Laiirac et Fanjaas. Il vivait avec son compagnon chez un vigneron nommé Sans Qasc. Godolina sa femme servait les deux Castillans. Cette cabane est le germe de l'incpiisition, Tembryon de Tordre dominicain. Dominique» à la téte d'une mission, prêchait, inquisitoriait, terrorisait déjà en annonçant, en appelant â grande voix la croisade ^.

Le comte de Toulouse, pour détourner Torage qui grossissait dans le nord, se rendit auprès de Philippe-Auguste, son cousin et son suzerain, dont il avait abandonné l'alliance pour celle d'Aragon. Ce monarque, le plus politique de son siècle, blessé de cet éloigaementy mais toujours circonspect, refusa d'intervenir^ et froidement conseilla la soumission. Ramon députa auprès du pape, Bernard, archevôque d'Auch, et Hamon de Habastens, ancien 6vèque de Toulouse. Innocent accueillit l'ambassade, accepta cette soumission quoique tardive, et même promit d'absoudre le comte, pourvu qu'il remit en garantie sept de ses chftteaux â TÊglise romaine. Le comte y consentit, mais malgré son adhésion, le pontife continuait d'exciter la croisade. Il pressait le

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