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Gail. de PuiUurens, X

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roi de France de se mettre à la tôte de rexpédition» on de loi donner pour chef son fils» le prince Louis, on de nommer à sa place nn baron français. Philippe allégua qn'il avait en face denx poissants ennemis, deoz terribles lions, Vemperenr Othon et Jean, roi d'Angleterre. L'avisé monarque se récusa donc, mais tont en refusant d'accorder même un de ses lieutenants, il s'assurait en secret des résultats éventuels de la croisade, dont il avait l'air d'abandonner toute la gloire au logal pontifical.

Philippe II est le premier {?rarid monarque capétien. Son siècle lui donna le surnom d'Auguste. Il le méritait» daus le sens antique de ms^esté. Il résistait aux papes, refoulait l'AUemagne, envabissaît l'Angleterre, échafaudait larp^ement la France. Sur la façade de Notre-Dame de Paris, il se faisait seolp» ter en Gharlemagne» portant dans sa main là pomme impériale^ le globe du monde. Mais comme son homonyme de Rome^ il était plus habile que guerrier, plus politique que chevaleresque. C'était un lion doublé d'un renard. Ainsi le jugeait déjà son siècle. Un chroniqueur contemporain fait dériver son surnom d'Auguste do son talent à augmenter son pouvoir et son domaine royal *. Un troubadour disait de lui :ll vaut peu j donne peu^ îiiais pou)^ ravir à ha la palme'^. Il avait eiîectivement enlevé à l'Angleterre le Maine» l'Anjou, le Poitou, la Touraine, la Normandie. Il convoitait le vaste et magnifique comté de Toulouse, que la France disputait depuis cent

1. Mathieu Tarid. Auguslus, de augoo, j'augmeiite. a. PiêrM Vidal.

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ans à rAnjjleterre et à VAra^on. Pourquoi donc re-^ fiuait-il d'être le chef de la croisade qui devait lai conquérir le Midi? Il ne yonlait pas le tenir da saint-sidge. Patron de l'Aquitaine^ il ne vonlaitpas se rendre' impopulaire auprès des méridionaux, et se résenrait de leur offrir la monarchie pour re* fuge, contre les fureurs de Rome. 11 prévoyait sans doute aussi que la lutte serait lonp'ue, sanglante, tragique, et qu'un jour viendrait où il pourrait abattre sur les deux partis épuisés de sang la forte griâe du lion de France.

Mais en même temps qu'il refusait le commandement officiel de la croisade, il en retenait secrètement la direction. Elle était française et composée de ses vassaux immédiats, et des officiers mômes de sa couronne.' Philippe, qui d'ordinaire résidait à son ch&teau de Saiot-Germain en Laje» envoya dans Post croisé son eonnétahle Mathieu de Montmorency, Bourchard de Marlv, Lambert de Croissy, Robert de Poissy, les serviteurs desa maison féodide. 11 fit plus encore, il mil à îeurlôtedeux prrandsbnrons, EudcsIIl, le puissant duc de Bourgogne, issu du sang royal, et Simon de Montfort, descendu, disait-on, d'un bâtard capétien. Dans un parlement qu'il tint à Villeneuve, près de Sens, le roi fut de nouveau sollicité par les légats, au nom d'Innocent 111. Philippe resta inébranlable. Il dit que c'était beaucoup qu'il autorisât ses barons, auxquels cependant, s'il faut en croire» Guillaume le Breton^ son poète^» il ajouta quinse

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