‹ Histoire des albigeoisChapitre 294 sur 442 · deTo<l«U«, XIII · texte numérisé non relu

deTo<l«U«, XIII

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Touest. Los bohèmes égorgent tout, femmes, enfants, ▼leillards, mdme les clercs. Ge n'est point un caprice de ces barbares, c'est l'ordre formel des légats. La noit dernidre, dans on conseil des chefs, le massacre fat décidé. € Mais coDitnent, dirent les barons, distingner les catholiques des cathares? — Tuez-les tons, s'écria l'abbé de Qleaux. Dieu choisira les siens ^ »

Les peuples crurent se sauver en se réfugiant dans les églises, les prêtres en revêtant les habits sacer* dotaux. Mais la mort vint les chercher jusque dans ces asiles sacrés, et jusque dans les offices divins. Sept mille hommes furent égorgés dans la basilique de la Madeleine, un beaucoup plus grand nombre dans la cathédrale de Saint-Nazaire. Les prêtres ▼onlurent célébrer l'office des morts; ils furent tnésft Tautel pendant qu'ils offraient la céleste victime. D'autres voulaient souuer les glas des trépas- 8és: ils furent tués dans les tours, et personne ne resta pour tinter la sonnerie funèbre.

Alors, le meurtre tit place au pillage, et le pillage engendra un nouveau combat entre les vainqneura Les barons durent arracher la ville A la rapacité des truands. Ils leur faisaient lâcher prise d coups d'épée à coups de bâton, com^ne à des chiens. Mais le roi des Arlots ne voulut pas céder son immense butin à 1 abbé de ateanx. C'était le prix du massacre II fit mettre le feu â la ville, pleine de richesses, pleine de cadavres. L'incendie refoula les vainqueurs, dévora

t. Cti. HMttriM.

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leur proie et leur espérance, et Béziers périt tout entier. Ce spectacle arrache aux contemporains des cris de pitié : Jamais, disent-ils, si grand carnage n'eut lieu depuis les Sarrasins* Que Diea reçoive les Ames dans son paradis^!

Quel fut le nombre des morts? L'abbé de Glteaux, dans sa relation an pape, en avone quinze mille; soit sept mille à la Madeleine et huit mille à Sainl-Na« laire* Mais Nangis en ajoute deux mille de plus qu'il &Qt rendre au massacre plus grand de la cathédrale: Une différence de deax mille n'est qu'une bagatelle dans cet inventaire toujours grossissant. Ithier de Limoges en compte trenle-huil mille; Guillaume le Breton le porte à soixante mille*, et ce nombre . paraît exact, car ce ne fut pas seulement dans les deux basiliques qu'eut lieu le massacre, mais encore dans la ville tout entière où s'était réfugié le peuple du Bédarrais. Enfin César Heslerbach le fait monter à cent mille, et Tborreur exagère probablement ce calcul de cadavres. Le cbiâre le pins vraisemblable est celni du poète officiel de Philippe-Auguste, plus . impartial et bien renseigné & la cour de France.

Ainsi périt Béziers. L'incendie fut . un capncë des truandsy mais le massacre fut un projet arrêté par les légats. Nous en avons entendu la menace dans la bouche de i'évôque de Béziers, et l'ordre formel sur les lèvres furieuses d'Arnaud-Amalric qui probablement reproduisait Toracle foudroyant d'innocent 111« Le roi des Arlots ne fut donc que lexécu-

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