‹ Histoire des albigeoisChapitre 319 sur 442 · U. 4» Tu4., tir. XXVI, v. m · texte numérisé non relu

U. 4» Tu4., tir. XXVI, v. m

HISTOIRB Dit A1.B10R0I8 * 4«7

soit devant leur évôque, soit deyaut les légats. — Le3 kabitaots enfin ajoatèrent qa'ils ayaient M re* connos catholiques par les légats Raoul et Pierre de Caateloaa. Touei le eomte, le cepitoul et le peuple» en appelaient an pape* Le fougaeas Amalrie Unfe ranathdme et l'interdit eor Tovloeae:

Le légat MiloD, resté rarlee borde daBhdne» tint

un concile A Avignon (6 septembre). Le concile^ formé des évêques du Rhône et des Alpes, dressa vingt et un canons pour la réformation des mœurs des deux provinces. Il ordonne aux évêques de contraindre les barons à l'extermination des hérétiques; de frapper d'une amende pécuniaire les excommuniés ; d^ôter toute administration publique aux juifs, et de forcer les peuples de jurer la paix. Il exclut des bénéfices etecléeiastiquee, jusqu*à la troisième ^aération» lee parents des meurtriers de Pierre de Gastelnauy de sainte mémoire^ légat du saint-aidge, de maître Gnifred, chanoine de Genève, et d'autres victimes récentes des vengeances provençales. Il fait raser la forteresse de Gutlhem de Porcelet, ami da comte et protecteur de Tassassin do légat Gastelnau. Milon écrivit au pape contre le comte de Toulouse. Il prétendait que ce prince avait enfreint les quinze articles de son traité; et conséquemment les sept forteresses qu'il a remises en garantie sont confisquées au profit de l'Église romaine. 11 délie du serment de fidélité les habitants d'Avignon, de Nîmes, de Saint-Géli«5,?qui font hommage au saint-siège. U le déclare déchu de ses droits sur le comté de Magnelonne. U l'excommunie, de eonoert avee l'abbé de

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Giteatix et le concile d'Avignon Les deux légats, ne tenant plus entre leurs mains le prince évadé, le poursuivent de leurs colères et le désignent à la croisade. Il est évident que, comme ils s'étaient servis du vicomte prisonnier pour s'emparer de Carcassonne, ils avaient l'intention do se servir du comte captif pour se rendre maîtres de la puissante cité et des vastes États de Toulouse.

Bamon VI fut dès lors saisi comme d'une pensée de mort; il eut le pressentiment d'une lin précoce et tragique. Ayant conçu le dessein de se rendre à Rome et de porter sa cause devant Innocent 111, il fit son testament. 11 nomme son fils Ramon, âgé de onze ans, son héritier universel. 11 lui donne pour tuteurs Baudoin son frère, le comte de Commenges son cousin, et les consuls de Toulouse. Il donne à Baudoin, le futur régent, le oomté deMilhaud et .de • Valsergue, avec nne rente de 10,000 sols melgoriens. En cas de mort du petit infant, il lui substitue Baudoin. Il met son fils et sa terre sous la garde de Philippe-Auguste, roi de France, et d'Othon, empereur d'Allemagne. Dans le cas d'extinction de sa race, il nomme les deux monarques héritiers de ses Etats, selon qu'ils relèvent du royaume ou de l'empire, sur l'une ou l'autre rive du Rhône. Après d'autres legs domestiques, il lègue aux Templiers et aux Hospitaliers toute la récolte de son domaine privé dans l'année de sa mort; aux Hospitaliers, son jeune

' 1. Don Yaissette, V. 134

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cbeval favori, et aux Templiers son palefroi et son armure de bataille.

Ce testament, signé de Ramon de Recaad et de Dâodat d'Âllaman, ses deux officiers, notoirement Albigeois, et de Guilhem Calveria, son sorvitenr féodal, fat évidemment rédijré à Toulouse et déposé an Capitulum de la cité. Mais Pierre Arnaud, le notaire, et le scribe Pierre Sans en firent deux copies dont l'une, pour Philippe-Auguste, retrouvée dans le Gartulaire de Saint-Denis, et Tautre, qui s'est perdue dans quelque abbaye des bords du Rhin, pour l'empereur Othon *. Puis Ramon VI partit avec son escorte de chevaliers et de consuls. Mais pendant qu'il ferait ce grand détour par la France et le Nord, Tancien évéqoe Ramon de Rabastens et Tabbé de Saint-Ândard de Montauban devaient se rendre directement à Rome pour préparer l'arrivée du comte. Montfort et Fabbé de Gtteaux se b&tèrent de députer Robert de Mauvezin pour justifier leur conduite auprès du saint-siège. Le roi de France, la comtesse de Champagne sa cousine, le comte de Nevers, le duc de Bourgogne, qui revenaient de la (Toisade, lui rendirent à son passage de grands honueui-s ; et muni de lettres de recommandation du monarque et des princes du Nord, il continua sa route vers Rome, à travers les Alpes» pour réclamer auprès d'Innocent 111 contre les excommunications de

1, Le testament est du 20 septembre 1201). L'acte est divisé par les lettres de l'alphabet, écrit eu caractères gothiques, scelle de cire blanche sur lacs de cuir, du sceau comtal, k Teffigie du prince, à U brebia et à la croix. Dom Vaissette, t. V, pr. uv, p. 571.

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868 légats et les spoliations de Simon de Montfort.

Pendant qne le oomte de Toulonts eherandiAit vers les Alpes, Simon 'oontinnait ft s'enparar de ses domâines. Depuis U départ da due de Bourgogne, il était resté avec les chevaliers qne sa renomasée attachait à sa fortune, et qne le fanatisme, comMaé avec Tesprit d'aTentnrs et de conquête, retenait dans la croisade. Pierre de Vanx-Cernay prétend qu'il demeura avec seulement trente chevaliers français. Mais c'est pour grandir son héros et donner à son audace un air de miracle. Ces trente étaient ses compagnons, ses compatriotes et, chose remarquable, les vassaux immédiats du château royal de Saint- Germain, les propres officiers de la conr féodale de Philippe- Auguste. A leur tête, Bourchard et Mathien de Marly, et leur frère Lambert de Crotssy, consins de la comtesse de MoDtfort» Robert et Stmcii de PoisRy, parents dn ch^ de la croisade; pais encore Gai de Lévis, le maréchal, Gaillaome d'Encontre, Pierre de Voisins, Jehan de Bmyères, Jehan et Pons de Beanmont, €kti de Lacé, Hugnee de liuscy, Roger des Andelis. C'étaient ses fidèles, les cliefs des bandes conquérantes. Avec eux restèrent, d'après un contemporain, quatre mille cinq cents Bourf^uignons et Allemands^ ce qui amoindrit beaucoup le prestige de Montfort, subjuguant l'Aquitaine avec trente chevaliers d outre-Loire et les anges protectears de la croisade'. L'audace de son chef est grande encore sans celte rodomontade monastique.

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