‹ Histoire des albigeoisChapitre 318 sur 442 · Doa Vaiw«tt«. IV. p. 448. pl. CXXI «t CL · texte numérisé non relu

Doa Vaiw«tt«. IV. p. 448. pl. CXXI «t CL

et pour troubadour le comte de Foix, se déshonora, car, le sacrifice étant le principe de Tamour, il n'était permis d'aimer qu'un inférieur, d'après le code de la sentimentalité chevaleresque. Son talent magnifique et son rang subalterne donnèrent quelque espoir au troubadour Pierre Vidal. 11 s'éprit d'une passion délirante pour cette beauté sauvage. II en perdit presse la tête. Pour l'amour d'elle, il portait dans 808 armas des mnffles de loup. Ces emblèmes ne lOQcbèrent pas dona Loba. Alors le pan- Tre fon se reTétit- d'ans pean de loap, et dans jcet acoontrement féroce, il s'en alla sur la montagne éponvante^ les troupeaux. Les bergers firent la chasse à la bète; il fut déchiré par les grands chiens des bercails. On l'arracha de leurs dents, et tout sanglant on le transporta an château de Gab-Aret. C'est ce que désirait le pauvre insensé. Dona Loba rit beaucoup en recevant ce nouveau martyr d'amour. Elle le garda jusqu'à sa giiérison, parfumant les blessures de son corps et de son cœur de grâce, de suavité et d'amabilité féminine qui sait honorer le malheur et le génie. Mais il n'obtint rien de plus de son extravagant sacrifice, ni des chants dont il rémunéra cette compatissante et chevaleresque bospi* taiité. Jeux, amour, poésie, orgie d*an monde éperdu d'idéal, tous n'êtes plus t Dona Loba, vieillie et repentante, pleure ses égarements et ses cbimdres de cœur dans les austérités de l'ascétisme cathim, dont son époux et ses fils vont être les héros. La croisade rugit dans les sombres gorges et sur les cimes sauvages du Cabardez.

Montfort et le duc de Bourgogne campèrent à une

demi-liene de la montagne. Le lendemain ils dispo* aèrent leurs batailles pour escalader les donjons. Car ce scAit trois donjons, roulés sur des pitons de granit, et reliés par des sentiers Tertigineoz.'Gonrbespine, au centre, domine de tonte la liantenr de ses tonrs, an levant QaértinlioSy an couchant Gab-Aret. Us plongent, au midi, sur le ravin du fougueux torrent rOrbiel, au nord sur les âpres précipices où roule un autre torrent non moins sauvage, le Grésilho. La barbacane de las llhas garde au couchant l'obord de la montagne et du château de Gab-Aret. C'est là que Pierre-Roger attend Monttbrt. Il a réuni dans ses tours toute la tribu des Enfants d'Enos. Le troubadour du camp, vassal du châtelain pour sa terre, de la châtelaine pour son cœur et sa harpe, c'est le noble et tendre Bamon de Miraval. Montfort se disait probablement : « Ce vieillard, qui s'est enfui de Garcassonne comme une taupe, par les souterrains, n'oserait tenir sur son rocher. Ses tours vont tomber avec son cœur, et je vais saisir ce fuyard dans son repaire aérien. » Il se trompait : le lion est invincible dans son antre. Montfort attaqua par la barbacane du couchant ; il dressa ses échelles et ses calabres contre la tour Nova de Gab-Aret. La montagne secoua son dos hérissé, et les croisés grimpeurs furent précipités comme des insectes dans les ravins sanglants de l'Orbiel.

Le duc de Bourgogne et Montfort revinrent meurtris à Garcassonne. Le duc s'y reposa trois jours, et repartit avec son armée pour le Nord, abandonnant à lui-môme le chef de la crojsade. Un grand nontH bre de barons français suivirent les Bourguignons.

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« Féroces, disaient- il 8, sont les montagnes, dévorants sont leurs défilés. Partons, partons pour Paris* » Après Taffaire de Gab-Aret, ils désespôruAiitde la oônquôte, et soupiraient après la doace France. Simon fut désespéré du départ du prince cafélien, qui représentait auprès de Tost le roi Philippe- Auguste. Le comte Ramon crai aussi avoir terminé sa quarantaine d*ignominie et de douleur. On le trai* tait, non plus en allié, mais en ennemi, en lut enlsK ▼ant Faigaus. Il se déroba du camp, et revint furtivement à Toulouse avec le jeune infant. Montfort et le légat, qui croyaient le tenir prisonnier, furent furieux de voir s'échapper leur proie. Ils dépêchèrent après le grand fugitif un archevêque, un évêque et des barons croisés. Arrivés à Toulouse, ces députés sommèrent le prince et les capitonls de leur livrer les hérétiques, les suspects, et leurs biens, avec ordre à ceux-ci de se justifier devant les barons, et de confesser leur croyance devant le camp de la croix. La sommation était accompagnée d'one double menace d'anatbème et de guerre. Ramon VI, avec une noble fierté» répondit qu*il n'avait rien à démêler avec l'abbé de Gtteaux et le comte de Montfort, qu'il avait reçu ion absolution du légat a laUre Milon, et qu'il allait porter sa cause devant le souverain pontife à Rome, et devant ses deux snserains, le roi de France et l'empereur d'Allemagne. — Les consuls répondirent qu'ils avaient fait exécuter les lois contre les hérétiques et qu'ils étaient prêts à contraindre les suspeots de rendre raison de leur foi,

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