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I. P.ctoVaux-Cernay, XXIV

les Batalha et les Fanjaus. Les Pierre-Roger (Paient alliés au Ravat par Ava, leur aïeule, et aux Durfort par une bisaïeule, Bélisseada. Les Arnauld-Roger étaient unis aux Pejrella, aux Mâssabrac; les Batalha^ aux VentODac et aux Castelverdun; les Isarn de Fanjaus aux Prouille» aux Ferrand, aux Festa. Les braDcbes féminines étaient innombrables. Lf»s Durfort étaient alliés aux Villemur de Palbers, de SaTerdun, de Marcafaba ; et , dans leur voisî- ' nage, aux Marlhac, aux Justinbac, aux Ganté, aux Cincte-Gabelle. Ils étaient co-seigneurs de Sa- Verdun , de Eelvèse et de Fanjaus. Les Durfort étaient alliés à la maison de Foix par Amalia, femme de Roger II, et les Villemur par N., dame de Marcafaba, sœur aînée du comte Ramon -Roger. Les Bélissen, en se retirant devant Montfort, trouvaient, an pied des montagnes, les Peyrat, les Pejréla, les Peyrota, les Lera, les Bélesta, les Lavelanet, lesLantar, lesÂrvinha, les Vernholaset les Mauléon ^. 11 est probable que eette ebevalerie, si nombreuse et si guerrière, ne laissa pas, sans Tatta- . quer, passer Montfort dans la forêt de Bolbone. Les Durfort et les Villemur la reliaient aux comtes de Foix, et le prince aux races comtales de Garcassonne, Commenges, Gonserans, Palhars^ Andorre et • la dynastie royale d'Aragon. L'albigéisme cbevale- ^ resque et cathare ressemblait à ces figuiers gigan- ^ ^ tesques de l'Inde, dont les branches flexibles, retombant et 8*enracinant au soi, forment autour du tronc central des arcades, des portiques, des dômes, où

i. Doit. — Moréri, art. Durfort. — Dom Vaisietta. V. Pr.

HISTOIRE OES.ALBIGBOIS ISl

s*abritent, pendant la tempête, les coloiiil)^v<, les aigles, les gazelles, les lions et les éléphants,

La terreur et Thorreur régnaient dans Pamias. Frédélas avait, avecFoulques, la trahison au dedans, et l*invasloD au dehors, avec Tabbé Vidal. L'un appelait, Taulre amenait la croisade avec Montfort. Les Gampranhan, les Claret, les Caria, les Sigaier, les prôtres, les traîtres, la [)lèbe fanatique et dégaenillée, hurlant des hymnes, se rendit à la rencpntre du dévastateur. Ils chantaient : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Le vieux lion ibère, gardien du Castellar, attendait, morne et muselé, le famélique lion du Nord qui derait le dévorer. Quel honneur pour l'histoire d'attacher tous ces traîtres à son pilori rémunérateur, cepatibulum des siècles !

Cette révolution ne 8*accomplit pas sans tumulte, si ce n'est sans combat. Fanatisée par. les moines, la populace escalada le palais d*£sclarmonde. Quelques jours auparavant la princesse et ses compagnes étaient descendues par la porte de TOlmet, protégées par les lances des Durfort et des Villemur. Avec les chevaliers sortirent les consuls, et la liberté proscrite avec leParaclet. LMmmense procession de veuves, de vierges, d'enfants, de vieillards, ondula dans. la plaine boisée, pour évitei* Montfort. Au pont du Doctorier, elle remonta le torrent vers Dun, manoir du diacre Peyrota. Le pittoresque vallon de l'Herm la conduisit vers Pérella et Rocafissada, donjons amis. £sclarmonde avait séjourné cinq ans à Pamiers (1204- 1209). C'est Tàge d'or de la cité. La lumière s'éteignit avec la noble princesse et un capuchon de ténèbres s'accumula sur la ville monacale.

GHAPITUE VI.

Monfort marche sur Pamie». — Le Castellar livre par Pabbé Viiial. — Simon se reconnaît le vassal de Sainl-Antonin. — Il pren i l'aiiiiers, Saverdua, le ba^ comté. — 11 reçoit Lomberâ e| Albi.

Montfort descend la rive gauche de l'Ers qui 8*écartevers le nord le long des collines dulLaoragais, et franchitobliqiiement cette vaste plaine, eonverte alors de la marécageuse forêt de Bolbonne. £a passant^ il pritMontaat, forteressede l'abbaye et des boisMl marchait aa couchant, les yeux sur le Castellar^ masse opaque de briques fauves, flanquée de quatre tours carrées, percée de trois portes crénelées, et surmontée d'un énorme donjon central, également quadrangulaire. Le tout pyramidait, flamboyant, et noyé dans le soleil du soir qui descendait derrière les collines sombres du Podaguez^. Au pied de la Motte^un bras factice de TAriège, après avoi r formé une lie, se bifurque» pour envelopper la cité, fait mouvoir sur lesdeux canaux de noires forges, de blancs foulons, arrosa

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