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Vau-Cemay, XXIV

121 ' lIISiUlHE DES ALUIGËOIS

Fréidélas, et de toute Tabbaye et de tout le domaine (honor) de celte abbaye, pour rhonneiir de Dieu et de saint Antonin et de ses clercs, tant présents que

futurs ; je te concède encore le jardin et la treille et . moitié de l'île et du moulin de l'Ariège. Pour la garde, défense et munition dudit château, je te cède la moitié des leudes... Et toutes ces choses ci-dessus nommées, nous te les cédons, comte Simon, seulement durant tes jours*. »

Le chef de la croisade prononça ainsi la formule de l*hommage : « Je, Simoiiy seigneur de Montfort, comte de Leicester, et, par la grâce de Dieu, vi* comte de Bâziers et de Garcassonne, pour ma demeure établie dans ce château, je promets mon service â Dieu et à mon seigneur saint Antonin , et à ses clercs, tant présents que futurs, et donnerai annuellement en preuve de vasselage un demi muid de bled purgé, un muid de vin pur, une vache grasse et quatre ■. porcs, ou quatre sols annuellement payés à la fôte de saint Antonio. £t que Dieu me soit en aide^ ! »

Montfort se releva, et ses compagnons saluèrent do leurs acclamations et du bruit de leurs armures le nouveau conquérant du Gastellar et de la ville de

Pamiers. Le chanoine Joan Lenic transcrivit la

charte de Thonnuage, datée d'un des derniers dimanches de septembre 1209. Elle fut signée, pour le monastère, par Vidai abbé, Gui prieur et Mauri sacris-

1, D. ValMetta, t. lY» p. 457 Pour les formules des comtes de Fois.

2. n>id., t. V, p. 573. Serment de S. de Monfort, cAlqué lar l*hommeg« dee oomtei de Pois, t IV, p. 4S7.

tain; pour la ville, par Ramon Sigaier^ Gailhem dé Glaret, Ramon et Bernard du Caria, et Arnanld de Gampranhan, notables. Ce dernier était l'arbitre des

conférences da Gastellar qui ayaient attiré la croî« sade et la victoire deMonlfort. Gompranhan, comme la grenouille de son blason, venait de faire le plongeon dans le marais de sang, et reparaissait salamandre et crocodile. Pour TEglise, par Folquet, évêque de Toulouse et les frères Arnauld et Ricard Poncha (pointe), délégués de Tabbé de Clteaur. Et pour la croisade enfin, par Simon de Montfort, Bourchard de Marlj, son compagnon (cammiliit!) Gai de Lévis, son marécbal, Gni de Lacé, et Simon et Robert de Poissy, chevaliers français.

La bannière de Foix disparut du donjon et à sa place fut arboré le lion de Montfort^ dominé par la • nef de saint Antonin qui portait à sa poupe le Gastellar et à sa proue une Colombo.

Ainsi s'accomplit cette menace prophétique, proférée naguère par un missionnaire cistercien contre le comte de Foix : « Gomte, ta ne daignes déférer ft ton seigneur, le martyr saint Antonin. Sache que de ton vivant to seras privé de ton droit seigneurial et déshérité de cette ville de Pamiers*. » C'est à partir de ce jour que ce nom, prononcé ft la ' française, remplacera le nom si doux de Pamias et de Frédélas.

De Pamiers, descendant la rive droite de TAriège, Montfort se porta rapidement sur Saverdun, à trois lieues vers le nord. Cette ville appartenait à

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