‹ Histoire des albigeoisChapitre 329 sur 442 · Le doct. A. Pejrat · texte numérisé non relu

Le doct. A. Pejrat

HiSTOIRt^ DES ALBIGEOIS

comtesse Philippade Moncade. Maioteoant ses toars sont captives, ses murs habités par rétranger, ses créneaux voilés de deuil et d'effroi. Montfort donna Saverdon à Enguerrand de Boves, baron originaire

de Magny dans le Vexin français, et l'an des ancê très du pieux et docte champion calviniste, Philippe de Mornay. Avec Suverdun, Simon prit les bourgs de Cincte-Gabello, de Sainte-Suzanne, de Sainl- Ibars, et les cluVeaux de Bonnac, de Ganté, de Rodelha, d^- Durfort, de Justiniac, de Massabrac, de Gailiac-Tonlza» livrés par les moines de Ca- 1ers. 11 venait en quelques heures d'enlever au comte de Foix, son allié, trois villes et une douzaine de lieues de pays sur la rive gauche de l'Ers. Cest ce qui forma depuis la terre du Maréchal, ou le fief de Gi:i de Lévis. Pour relier Pamiers, Mirepois et Saverdim et protéger Tabbaye de Saint-An-tonin, il établit au centre do la forêt do Bolbone un camp de Teutons : c'est l'orit^ine du village des Al-' lemands. Puis il repartit pour Garcassonne.

Pendant cette surprise furtive et ce démembrement de ses États, où donc était le comte de Foîx? Où se trouvaient les seigneuf^ pjrén&ns dépossédés, les Bélissen cle Mirepois, les Villamur do Sa- Verdun? Le comte Ramon-Roger^ se reposant sur. le traité de Preixan, était sans doute passé de l'autre côté des Pyrénées, pour concerter une résistance patriotique avec le roi d Aratron. La chevalerie du bas comté, refluant vers les montagnes, se massait au- Pas de la Barra, qui est la porte de Foix, pour couvrir la métropole politique, et autour de Lavelanet,

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pour entourer d'un cercle do lances le sanctuaire de Monségnr. Simon n'alla pas les y chercher. Il n*y eût trouvé que des combats. Et jusqu'ici le chef de la croisade n'est occupé qu'à recueillir les villes li" vréeSf défaillantes et désertes, les corps morts.

De retour à Faujaus, il y trouva des députés des bords du Tara et de l'Agout qui étaient déjà venus lui offrir à Castres la soumission de Lombers. Il résolut d'aller prendre possession de ce cbàteau, vassal de l'évêque d'Albi et* résidence de Tévêque cathare de l'Albigeois. C'était une métropole johannile, illustrée par un colloque célèbre, et en même temps un Pui (podium) ou cime de poésie renommé par ses cours d'amour, les mélodies de ses poètes, et la distinction souveraine de son seigneur, qui n'était autre que le jeune et brillant roi d'Aragon.

La reine de ces jeux cbevdleresques était la hhnde Aladats, femme de Bernard de Boisseson, yavassor de Lombers. C'est elle dont le harpéor Ramon de .

Miraval osa disputer le cœur au monarque espagnol. Maintenant cette beauté célèbre, fugitive de son poétique nia ioir, vit errante dans les tours hospitalières d'Uautpoul ou de Gab-Aret, ou dans quelque grotte do pic de Nora^ Lombers avait plus de cinquante chevaliers. La discorde et l'effarement divisaient ces barons. Les uns voulaient défendre le cbàteau ; c'étaient les Boisseson^ partisans du roi; d'autres voulaient .le livrer à Montfort; c'étaient les partisans de Tévéque qui étaient allés le lui offrir à Castres et

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