‹ Histoire des albigeoisChapitre 332 sur 442 · de TudeUa, str. XXXVII · texte numérisé non relu

de TudeUa, str. XXXVII

sac, Lambert de Groissy à Limous. Le chÀteau de Villaciscle fut donné à Guillanme des Easarts. Frémis le Franc (Francigéna) reçnt la terre de Roumégous, non loin de Mirepois, snr la rive droite de l'Ers. Gni de Lévis conserva Mirepois, mais Saverdun ne devait pas rester à Enguerrand de Boves. Castres et Lombers, le cœur de l'Albigeois et de Talbigéisme, seront inféodés plus lard à Gui de Moiitfort, frère da conquérant, qui devait les transmettre à deux rameaux de ses descendants. Montfort donna Fanjans et une trentaine de villages du Lanragais à Féyéqne de Toulouse^qui l'appelait secrètement dans sa métropole. Il établit saint Dominique à Fanjans, et Ini donna, an dedans, la maison des Armons, au dehors, le château de Prouille. Les Armens étaient soit des pauliciens bulgares du ix" siècle, soit des arméniens que les croisades avaient ramenés en Occi- • dent. Ils étaient probablement armuriers. Ils fabriquaient pour les barons des armes asiatiques, et des harnais arabes pour leurs palefrois. Ces Orientaux avaient embrassé le catharisme, sorti comme eux] de Perse. Leurs ateliers se changeaient en oratoires : on j forgeait les boucliers et les casqnes de l'Esprit ; dona Tnrca, une fille des Armens, épouse de don Ferrand, y prêchait tous les soirs, et damasquinait éléganiMieiiL lesépéesdu Paraclet. Lear hôtel, donné à saint Dominique, devint un couvent de nonnes. Les seigneurs de Prouille étaient les seigneurs mêmes de Fanjaus. Auda de Prouille, chef de leur race, épouse dlsarn deBélissen, habitait le château, jeté sur l'escarpement oriental. Ramon et Isarn de Prouille avaient lenr manoir situé à nne demi^lieae sous la

forêt et au pied de. la monla^nie de Fanjaus. Montfort garda le donjon de la cité, et céda au missionnaire castillan le castel rustique qui devait être le berceau de Tordre domiDicain ^

Pendant qne ces étrangers s'établissaient dans les cbàteanx et les cités da Midi, les seigneurs indigènes,

qni ne sauvaient de leurs héritages que leur lance et leur cheval, se retiraient dans les montagnes. Les Pyrénées, ces forteresses des Cantabres, devenaient les ports qui recueillaient les épaves de ce grand naufrage aquitain. Arnauld de Villamnr, Amiel de Palhers, Sicard de Durfort, Adhémar de Rodélba, Pierre de Durban, seigneur de Montagot, réunis aux chevaliers de la Haute-Ariôge, postés au Pas de la Barre, fermèrent sans doute la porte septentrionale de la vallée de Foiz. Les Fils de Bélissen et les chevaliers de Mirepois et de Fanjaus, repliés sur Lavelanet, interceptaient la route orientale de Foix et les abords de Moniségur. \A se rendirent aussi les châtelains dépossédés du Rasez et du Carcassez ; de ce nombre les seigneurs de Tornaboïs, dont Bourchard de Marli avait saisi les domaines voisins de Saissac^ et les seigneurs Del Gongost, dont les terres rapprochées de Limons avaient été adjugées à Lambert de Groissi. Les hommes d'armes, capables de combattre, restèrent à Lavelanet» mais les femmes, les enfants, les vieillards montèrent ft Montségnr." Parmi ces derniers était un vieux chevalier, le seigneur de Ferraud, époux de doua Turca, la théologienne de

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