‹ Histoire des albigeoisChapitre 345 sur 442 · P. d« YAiiz-Gemay, eh. XXXIX · texte numérisé non relu

P. d« YAiiz-Gemay, eh. XXXIX

t Gtoso de la Grosada. Strophaa XLIV ai XLV.

HlSTOiaS DBS ALBIGEOIS

fidsifiait un passage de saint Paul (ii Cor. XII, 16).

Aprds avoir pris ToaloQse à Thameçon da pontife, l'abbé de Gîteaux, maître TtiéJise et l'évêque de Riez allèrent rejoindre Montfort, occupé au siège de Ménerbe.

Men-Erba, la roche des loups ou des proscritSf * est une crête escarpée dominant des précipices profonds, an conflaent de deux torrents faronches, et régnant, par son site escarpé, snr l'âpre canton appelé le pays des rochers, le Peyriac : nid d'oisean de proie qui menace Narbonne, les étan^ps, les Cor* bières. Ménerbe, Therm^»s et Gab-Aret étaient les trois défenses inexpugnables de Garcassonne. Ménerbe, au temps des -luerre cantabres, était redevenu un repaire de faidits, un refuge d'Albigeois. Il importunait Narbonne qni pactisait avec la croisade. 'Améric, son lâche vicomte^ vint implorer Taide de Montfort. Us en avaient plusieurs fois entrepris le siège, mais Améric l'avait tonjonrs abandonné. MonÛbrt néanmoins consentit à le réprendre, pourvu qne le vicomte le second&t jusqu'au bout avec ses Narbonnais.

Simon de Montfort partit de Garcassonne vers la Saint-Jean, avec ses hommes d'armes et ses engins de guerre. 11 emmenait trois calabres ou pierrières, nommées la Mauvaise voisine, la Dame et la Reine^ plus un mangonneau, machine turque traînée par les Gascons. Ses lieutenants étaient Gui de Lévis, le

1. Hirp, en sabin, loup et proierit; 6t le Mbin était an dUlectd de la langue ibàra.

«n HISTOIBB DBS ALBl'OBOIS

Maréchal; Robert de Mau voisin, son ambassadefor à Rome, Pierre de Richeboarg, Gui de Liicé, Jehan de Montelh, Ferria d*l8sj, Aneel de Goétm, et peut-être encore le jeane Amaiiry, son fila atné. La comtesse de Montfort, soit ardeur chevaleresque, soit crainte des frémissements de Garcassonne, suivait le camp avec les femmes des barons, dont la plus illustre était sa tante, Mathilde de Marli. Guilhem de Méoerbe, sans s'émouvoir, laissa TeDiiemi dresser BSB macbiDeSy planter ses tentes, construire des ca* bftnes de verdure, dont la pins vaste, marquée d'une croiZy devait servir de chapelle. Montfort s'établit à l'orient, Gni de Lncé avec ses Gascons, à roecident Au nord, Améric de Narbonne, et d'antres chevaliers an midi. Les quatre machines haletaient jour et nuit; mais surtout la pierrière du comte, excellente et superbe calabre, lançait un ouragan de rochers. Pendant plusieurs jours, sans trêve ni repos, les Gossas battirent et tourmentèrent l'inexpugnable donjon. Gnilhem de Ménerbe résolut d'incendier la terrible reine^ la grande pierrière de Montfort. Un . dimanche donc, pendant la nuit, et sur le premier sommeil des croisés, les assiégés descendirent A pas de loup vers la porte de l'est, enveloppèrent l'engin en silence de filasse, de copeaux secs et d'appareils imbibés de suif, et v mirent le feu. La machine, plus combustihle encore par la canicule, allait ôlre réduite en cendre. Malheureusement, un de ses servants;, blotti près de là pour quelque néoesaité, vit Teogin fumer, étinceler, jeter des âa rames. Il ponssa le cri d'alarme, mais Tun des boute^feuw court sur lui et de sa lanoe le peroe dans son

HISTOIRE DISALBlttlOIS IW

ordure. Le camp s'éveille en tomulte, on éteint Tinceodie naissant, et la Tigoureuse reine, seulement noircie, recommença son œuvre déTasIatriee.

Pendant sept semaines, les calabrss oatholiqnes et ^albigeoises entre^oqQôrent dans les airs leurs tourbillons d'atoolitbes. Le ciel était d'airain ; les Titres s'épuisaient, les sources tarissaîent, dit un moine, ou ue coulaient que pour les soldats de la croix. Guilhem de Ménerbe descendit de son aire pulvérisée pour traiter avec Montfort. Pendant qu'ils parlementaient, voilà que soudain et sans être attendus arrivent l'abbé de Clteaux, Tévêque de Ries et maître Thôdise. Alors le hautain Simon, .d'un air respectueux et soumis, dit ^'il ne décide^ rait rien touchant la reddition et ^occupation du château, sinon ce qu^ ordonnerait monseigneur le légat, fnaître de toutes les affaires du Christ. A ces paroles, continue r hisiorietiy l'abbé fut grandement ntarri, pour le désir qiiil avait que les ennemis du Christ fussent mis à mort, et n'osant cependant les y condamner y vu quil était moine et prêtre Pourquoi donc? N avail-ii pas ordonné le massacre de Béziers ? Celui de MénerJae en comparaison n'était qu'une bagatelle.

Pour faire échouer la négociation, Ifabbé de GK<teaoz trouva un expédient probablement imaginé par le subtil Tbédise. il ordonna que Simon et Gui^ Ihem, chacun à part, niisscnt par écrit ce dont ils étaient convenus verbidetnent, atin que, n'étant pas d'accord, li rouipU la capitulation. En elfet, Guilhem lut ses couditionsî MouUbrt les contesta haute-

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ment : &pre altercation entre lee deoz chefii. « Eh bien, s'écria le fier Simon» rentrée dans votre cbfttean et défendez- vous! » — Non, répondit Guilhem, mais posez, vous-même, vos conditions. — Ce droit, répliqua le hautain Montfor^, s Inmiiliaut, revient à monseigneur de Cîleaux! » Le légat, délivré de son scrupule, décida : le comte restera maître du chÂtean ; Quiihem de Ménerbe aura la Tie sauve, ainsi que tous les catholiques du bourg, et même les tuteurs des hérétiques. La même grâce est accordée 9m parfaits j s'ils veulent se convertir à la foi catholique. Ce jugement modéré irrita les barons, et le fougueux Robert de Mauvoisin s'écria : « Seigneur légat, nous sommes venus pour exlernjiner les hérétiques, et non pour leur fau'e grâce. Ils feront semblant de se convertir, par peur de la mort, et seront sauvés. Or> c'est à quoi ne consentiront jamais les pèlerins. < Robert, dit Tabbô de Glteaux, heareoz de son stratagème et du fanatisme du croisé, ne crains rien; très peu se convertiront. »

Le 22 juillet 1210 les croisés entrèrent dans Ménerbe précédés de la croix, et suivis de la bannière au lion de Monlfort. Il était juste, dit le chroniqueur, que le Christ marchât devant, car il était le vainqueur. Simon n'entra pas, laissant toute la gloire a l'abbé de Glteaux. Le légat, chantant le Te Deum à la téte des pèlerins, se rendit dans l'église qu'il purifia de la prédication des cathares. Ils arborèrent sur le clocher l'étendard de la croix, et sur une

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