Pierre de Vaux-Cernay, XLYII
HISTOIRE DL;S albigeois 169
sa main les mains homicides de Montfort. Il est évident qu'en implorant la suzeraineté de Pierre 11^ FaTenturier trahissait Philippe-Auguste et la France.
De Xarboniie, le roi d'An)p:on, le comte de Toulouse, Simon de Montfort, Tabho de Giteaux et Tévêque d'Uzès se rendirent à Montpellier, ville encore plus amie et plus centrale, où se réunirent tous les prélats septimaniens. Les deux légats renouvelèrent leurs o£fres au comte de Toulouse. Ramon VI parut les accepter cette fois ; mais pendant la nuit soii cœur le travailla^ et pour ne pas conclure, il s'enfuit devant sa honte et n'attendit pas Taurore. Un moine crédule, qui prête au sceptique prince ses propres superstitions, en donne une autre raison : le comte, à l'exemple des Sarrasins, croyait au vol et au chant des oiseaux et à toutes sortes d'augures; il avait vu volera sa gauche un martin-pôcheur qui lui avait paru d'uu sinistre présage. Cet oiseau des marais, qui vit de poisson, lui sembla probablement Tabbô de Citeaux qui dévorjait le Christ, le poisson céleste ^ !
Montfort était charmé d'être reconnu par le roi d'Âragon. Son usurpation de Carcassonne, son meurtre du vicomte étaient confirmés. Son brigandage recevait le sceau féodal après le sceau pontifical. L'aveuturier était ravi, mais il n'était pas satisfait. li voulait mêler son sang au sang de Barcelone et de Sarairosse. Gela semble monstrueux! Le san^j: de l'assassin qui avait empoisonné le vicomte, qui deyait percer le cœur du roi, et qui était en train,