‹ Histoire des albigeoisChapitre 357 sur 442 · P. 4a Vauz-Cernay, XLVII · texte numérisé non relu

P. 4a Vauz-Cernay, XLVII

depuis deux ans, de couper le cou à la patrie romane l II fallait l'Église pour accomplir ce miracle contre nature et dénaturé. On sent dans cet acte la triple pression du rusé Thédise, du puissant Amalric, de rirrésislible pontife Innocent III. Le pape avait conservé à Marie Théritage de Montpellier. Marie, reconnaissante, livra au pape son fils unique, ce fils que son père avait engendré à regret. Et quand Pierre mourra héroïquement, Marie, déjà répudiée, et peut-être à cause de cet abandon de l'infant, se réfugiera au Vatican. Ce n'est donc pas le roi Pierre, c'est la reine Marie qui livra le bel infant^ alors avec sa mère à Montpellier, C'est Marie qui, après avoir consenti au mariage , abandonna lè petit En Jaicme, âgé de cinq ans, aux légats. En effet, le jeune prince, qui était très beau, fat remis par sa mère aux légats, et par les légats à Montfort, qui l'emmena en otage et Téleva comme son gendre à Garcassonne. Dans le palais des Trencabel, le blond captif eut pour compagnon? d'autres otages, le jeune Améric^ dernier tils du comte de Foix, et Pierre Nolasque» fils de don Olivier Gasc , des Saintes-Puelles, et neveu de Gui de Saint-André Cap^le-Porc, le grand jurisconsnlte, le défenseur infatigable autant que magnanime de la patrie romane. Il paraît que Montfort aurait voulu avoir aussi l'infant de Toulouse, et c'est le martin-pôcheur qui fil fuir le comte Karaon VI du guet-apeus de Montpellier *.

Le roi Pierre accompagna son enfant enlevé jus*

i. Don Vaiasetto, V.

ItlSTOlRR DES ALUIGEOIS

qu'à Carcassonae. Quelque volage et répandu en amours que fût ce jeune et chevaleresque prince, il dut pleurer comme pôre et comme roi le gracieux infant^ unique héritier de sonficeptre. Amissos qtte~ ritur feius implwnesm 11 alla se consoler à Toulouse auprès de sa sœur atoée, la comtesse Éléonore, et de son beau- frère Raraon VI. L'amitié du comte et du roi fut si pou ébranlée par l'hommag-e et le mariage extorqués parMonlfort que Pierre résolut de redoubler leur vieille allinufo, en donnant sa plus jeune sœur, dona Sancha, pour femme à l 'inlant de Toulouse. L'âge des deux conjoints ne les pressait pas : liamonet avait quatorze ans et Sanchetta en avait quinze, étant fille posthume d'Alphonse II. Mais c'était une alliance de cœur et de race; c'était Toulouse qui s'unissait à Saragosse, l'Aquitaine à l'Arafron. Ce mariage alarma Montfort, irrita l'abbé de Cileaiix et souleva une grande clanicur des croisés. Ce roi, dit le moine contemporain, ne se rendit paSf et, à juste titre y médiocrement infâme et suspect par sa ligue avec Ramon, qui déjà persécutait ouvertement la sainte Église de Dieu ^ Cette persécution consistait à se tenir sur ses gardes. Le comte empruntait de l'argent, levait des- soldats et recevait le serment de ses chevaliers. Il se préparait à la guerre, et pour mettre à l'abri sa d jnas* tie et sa capitale, il fit donation à son fils, en le mariant , du comté de Toulouse. Il sentait venir le tonnerre.

De Montpellier, les légats se rendent à Arles, con

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