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CHAPITRE VI

Le comte de Toalouae excommniiié se prépara à la guerre.

II consulte les villes et appelle ses barons. — Dénombrement de l'armOe nationale. -«Montfort reçoit de nouveaas croisés. — Chute de Gab-Arùt.

Le roî Pierre II arriva donc à Barcelone, puis à Saragosse. De quel front se présenta-t-il aux consuls de Catalogne, au Justiça d'Aragon? Il avait livré son sang, l'orphelin innocent do Garcassonne. Il avait délaissé son propre lils, le petit infant don Jaicme» l' unique héritier du sceptre des Ramon- Bérenger. Il avait abandonné son enfant et son papille, deux enfontelets encore presque au berceau» Tun captif dans le palais désert et l'autre errant dans les bois, et poursuivi par le lion de Montfort. Tant d'infortune et d'innocence dut faire éclater le cœur d'un peuple primitif, chevaleresque et patriarcal. Le sévère Justiça d'Aragon dut tancer comme un écolier étourdi l'imprudent monarque, jouet de l'Église romaine. Alors le malheureux roi put connaître l'étendue de la première faute qu'il avait

commise lorsqu'il s'était rendu à Rome et avait mis sa race et son sceptre sous la tutelle da Vatican.

Ramon VI rentra dans Touloase la téte bien pins hante. Il n'avait livré ni son fils ni sa terre ; il était bien résolu de les défendre par le fer. Il réunit son conseil capitnlaire, puis une assemblée dé tout le peuple de la cité. II leur lut la sentence des légats. Les bourgeois en l'écoutant poussaient de sourds murmures et de hautes clameurs. A la fin, ils s'écrièrent : N^ous nous laisserons plutôt ccorcliev vifs^he comte, dit le chroniqueur, fut grandement joyeux et content des citoyens de Toulouse. Après la métropole, il voulut consulter les autres cités. M ontauban se montra encore plus énergique. Nous mangerons plutôt nos enfants l Ainsi répondirent Moissac, Agen, Gastelsarrazin, toute la terre romane. Le comte était bien joyeua? et eri ressentait une vive gratitude ^ dit le témoin contemporain. Assuré du cœur et du courage du peuple, le prince fit appel à ses barons. Il était grandement aimé de tout le monde. Alors ses amis et alliés arrivèrent : ie comte de Foix, le comte de Commenges, Ramon de Montcade et les Béarnais, Savari de Mauléon et les Basques ; Savari, de plns^ était sénéchal du roi d'Angleterre ; les peuples de TAlbigeois , du Garcassais, du Narbonnais, mais non pas le vicomte de Narbonne', lié par son mariage , non par son cœur, à la croisade. Sous ces princes, se montrèvoni les barons inférieurs : les Sélio, ( l'Ile -en - Jourdain), enfants d'Esclarnioude de Foix, les Boger de Conseraris, fils de Sézelia, sa sœur, et les Narbonne de Caroi; les Aslarac, les Lomagne^ les

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barons de Gascogne ; les fils de la Lune : les Bellissen de Mirepoix et lours rameaux, les Arvigna ; les Vergnoles, les Ivibet, lesCastelverilnn qui viennent de la grotte d'Ornolac, et les Durban de l'Arise qui portent dans les batailles la bannière de Foix aux trois pals de gueules ; les barons de rOlmès, les Peyrat, les Peyrotta, les Peyrella, seigneurs de la fontaine intermittente de Béîestar et des gouffres druidiques du Thabor. Us garderont Montségur, sentinelle avancée de Foix qui barre l'attaque de la croisade Campée à Carcassonne. Lesi barons de TArise, les Durban, les Larboust, les Caraarada, les Lasbordas, les Peyrota de Clermont, groupés autour de la grotte du Mas d'Azil. Ceux du Podaguez, les Villeiuur de Savordun et do Palliers, les Durfort aux nombreux rameaux, et les Massabrac aux deux branches de l'Ers et de la Lize. Les barons dépossédés du Carcassais et de la Montagne, Ramon de Termds» G. de Ménerbe, Âméric de Montréal, qui sera, hélas ! arraché de son cheval de gnerre pour être pendu à un gibet. Les barons de la Mon* tagne-Noire, ceux de Cabaret aux quatre donjons debout, mais qui vacillent dans les nuées; ceux de Saissac, d'Hautpoul, de Sorèze et .de Puilaurens; les barons du Lauragais et du Toulousain, ceux de Fanjaux, de Lautrec, de la Motte, de VillèUe, de Lantar, de Vertfeuil, du Gap de Porc. Les barons de TAgout et du Tarn, les Boisseson, les Lombers aux noms farouches, les Guilhaberi de Castres, aux cœurs religieux, les Rocanegadaf les Lautrec. — Les barons de rAveyron, les comtes de Rodez^ les seigneurs de Saint-Antonin, à la gen*

tilld harpe, ceux de Penne, de Braniquel, de Né*

grepelisse, les barons du Qaerci et de TAgéDais, avec Bernard de Gourdon et sa femme Na Hélis, la Débora de la Dordogiic, couple au cœur impérial. — A trente lieues à la ronde, toute la banlieue s'ébranla ; toute la chevalerie accourut au galop vers Toulouse. La terre tremblait sous les pieds des chevaux, Taîr retentissait du hennissement des palefrois et des fanfares des clairons. Ils appelaient les batailles

Montfort, de son côt$, reçnt nn paissant renfort de croisés normands. Ils s'étaient levés à Tappel fanatique de révéqne de Tonlonse. Fonlques, que Tabbé de Cîteaux avait revêtu dans sa ville d'un pouvoir absolu, 8*enuuyait, dit-on, de ce pouvoir qu'il exerçait avec la hauteur d'un proconsul ; le poète dit, d'un empereur. Les sièges do Ménerbe et de Termès n'avaient été que de petites distractions pour ton ardeur. Pendant l'hiver- il avait résola d'aller prêcher la croisade en France. Vingt ans auparavant, troubadour, il avait prêché héroïquement la croisade contre les Africains. Maintenant, évêque, il la prêchait sanguinairement,- férocement, contre les Albigeois, ses propres troupeaux. Il ramena^ d'outre-Loire l'ôvôque de Paris, I^obertde Gourtenay, Enguerrand de Coucy, Juel de Mayenne. Bientôt après arrivèrent Léopold, duc d'Autriche, (celui-là même qui avait arrêté Richard-Cœur-de- Lion), Adolphe, comte de Mons, et Guillaume, comte de Juliers. Ces princes amenèrent à Montfort

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