Pierre de Vaux Cernay, XLVII
m HISTOIRE DES ALBiGKOIS
Toquent précipitamment le troisième concile, invitent à s'y trouver le roi d'Aragon, j citent le comte de Tonloase, défendent aux deux princes de sortir de la cité, et fulminent, comme dernières conditions
de l'église romaine, celte sommation foudroyante :
1. Le comte de Toulouse congédiera incontinent toutes les troupes qui vienueut ou viendront à son
secours.
2. Il obéira à l'Église, réparera tous les dommages qu'il lui a causés, et lui sera soumis tant qu'il vivra, sans contradiction.
3. Dans tous ses États, on ne mangera que de deux sortes de viande.
4. 11 chassera de tous ses domaines les hérétiques et leurs adhérents.
5. Il livrera entre les mains du légat et de Simon de Monlfort, dans le terme d'un an, tous ceux qu'ils lui désigneront, pour en faire à leur volonté.
6. Tous les iiabitauts de ses terres, tant nobles que vilains, ne porteront pas des habits de prix, mais seulement des capes noires et mauvaises.
7. 11 fera raser jusqu'au sol, sans rien laisser^ tous ses châteaux et places de défense.
8. Âticun gentilhomme ou noble de sa terre ne pourra habiter dans les villes^ mais dehors, dans les champs, coiiune vilains et paysans.
9. 11 ne lera lever aucini péage ni usage (^usaticwn) que ceux levés anciennement.
10. Chaque chef de maison payera tous les ans quatre deniers toulousains au légat ou à son délégué.
11. Il restituera tous les profits ou revenus qu'il a retirés des renowoeaux de ses domaines.
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12. Le comte de Montfort et aes gens che?auche« ront en tonte sûreté, et défrayée partout* sar les terres du comte Ramon.
13. Quand le comte Ramon aura exécuté toutes ces choses, il ira servir outre-mer et guerroyer contre les infidèles^ dans Tordre de Saint-Jean-de- Jérusalem^ sans qu'il puisse retourner jamais sans la permission du légat.
14. Toutes ses terres et seigneuries lui seront ensuite rendues par le légat et le comte de MoQtfort» quand il leur plaira*. *
Lorsque le comte lElamon, dit le chroniqueur roman, eut lu cet apointementy il se prit à rire (Tune grande joie. Joie arrière, rire désespéré. Les Saint- Gilles riaient toujours de désespoir. J'aime ce rire magnanime; il annonce le relèvement du prince, il respire les batailles. Le comte tendit le parchemin au roi d'Aragon. Le monarque en fut indigné. « On wms Va bien payé, dit-il*. Vous voilà bien récompensé de Tos condescendances 1 » Les deux princes, à' demi captife^décident de se dérol>er des murs d'Arles; ils montent sur leurs palefrois et s'éloignent pour en appeler à leurs peuples. Ils cheyauchèrent ensemble jusqu'à Narbonne. Là, ils se séparèrent : Pierre marcha sur Barcelone, Ramon ép Touna vers l'onloase. Le concile, apprenant leur rupture <ie ban, les poursuivit de sou tonnerre. Il ménagea le roi, mais se déchaîna contre le comte. 11 l'excommunia, le déclarant apostat, ennemi de l'Église, et livra
1. P. de VaaZ'Gtniaj. Voir et comparer 0. do TadeUe, LXI. 2*. Anmagmê»
I»4 HISTOIRE DES AEliKiKOlS
ees États au premier occupant, c'est-à-dire â Simon de Montfort. Arnaud, abbé de Saiot-Ruff, porta lanathème à Rome. Innocent III approuva la sentence d'Arles, et lança uno bulle contre Ramon VI, comme le suprdme sceau de 'la foudre du Vaticau,