P. d« Vauz«Géniaj
2. Voir le mariage de Btrlran de Toolonse avec GomtoreMO de Rabastonos<i224|.
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Il lui restait à prendre la dernière, la pins ftpre, et la plus menaçante par sa proximitéi des trois
forteresses avancées de Garcassonne.
La Quère de Cabardez est un contrefort de la Montagne-Noire qui barre le pas de Montserrat par lequel on va du bassin de Garcassonne dans le bas-, sin de Castres. Cab-Aret sigoiûe tôte de montagne, icaputmontis) ; mais les Romains traduisaient cemot celtique par tête de bélier {capui arietis). Ce front gi* ganiesqnede rocher était hérissé de plosiears cornes en spirale; (Test nne montagne déchiquetée en forme de scie dont chaque dent s'aigaise en piton de granit circonToluté de crénelare, et terminé en donjon. D'abord la tour Nova, qui est comme la porte au couchant. Leurs noms sont expressifs : c'est Q^ier Tignor, la roche pelée, et Ciirva Spina, l'arête recourbée. Lear nudité n'a d'autre ornement que quelque plante saxatile et des flocons fugitifs de nuée. La montagne est déchirée à sa base par deux torrents, l'Orbeil et le Gréson, dont les filets dérobés étrecneillisdansdes réservoirs sonterrains abrenvent ' Tinabordable et inex pu gnable forteresse
C'est l'aire aérienne des enfimis de Nous, Ils formaient plusieiirs branches, les Mir, les Pennaatier, les Saint-Michel ; leur chef était Pierre-Roger, parent et sénéchal des vicomtes de Garcassonne ; Brunissende, sa femme^ était célèbre par sa beauté et la harpe de Ramon de Miraval, recueilli alors auprès d'elle dans ses tours. C'est là que s'était réfugiée aussi sa parente, la fameuse Loba, ThéroXoe des
' I. Mahnl, oart «abardez. Dassin das Tours.
* HISTOIRE DBS ALBIGBOIS tOI
chants de Pierre Vidal *, (Et cest sur ces montagnes alors enchantôes, désolées aajourd'hai, que l'infortané troubadour, se revêtant d'ane peau de loup, se faisait traqaer et déchirer par les chiens de bercail,, pour Tamoar de l'insensible châtelaine.) Pierre-Roger était un héros. C'est loi qni défendit Garcassonne jusqu^an dernier instant où, après la capti* vité du vicomte, il se déroba de la ville envahiè, et, passant sous le camp môme des croisés, alla renaître six lieues plus loin, dans ses tours inaccessibles de Cab-Aret. C'est lui dont les attaques ne ces-ôrentde troubler les sièges de Ménerbe et de Termès.
C'est lui encore qui. dans une embuscade, avait pris Bouchard de Marli, qa'il détenait depuis vingt mois, les fers aux pieds, dans un fond de tour. Mais Ter* mds, Ménerbe, les plus solides donjons, étaient tombés; les courages faiblissaient comme les tours. Après les conciles de Narbonne, de Montpellier, d'Arles, et sous celte cascade de tonnerres du Vatican, les esprits étaient effarés. Pierre-Roger se voyait abandonné par ses compagnons, ses parents, les enfants de Nous; Mir, Jourdain, Saint-Michel, s'étaient rendus à Monfort ; le chef de la croisade allait venir l'assiéger avec ses renforts de Français et d'Allemands. Sa tête se troubla. Il descendit dans le cachot, et dit à Bouchard de Marli : < Vous êtes mon prisonnier. Vous poutes le rester jusqu*à la mort; mais, en un instant, vous pouvez être en liberté. Faites ma paix avec le légat, et je remets mon château à Montfort. » Bouchard promit, elles deux ba-