‹ Histoire des albigeoisChapitre 383 sur 442 · P. de Vaux-Cernây, ch · texte numérisé non relu

P. de Vaux-Cernây, ch

Z, P. de Vauz-Cor&ay, oh. 63.

HISTOIRE DES ALBIGEOIS m

Le lendemain de la reddition de Penne arriva Tarchevêque de Reims, avec de nouveaux pMerins. Moatfort marcha sur Biroa, château des pays montueux dô la Dordogae, berceau d'une race antique qui a donné un illustre maréchal à la France du . xvi^ siècle, et à l'Angleterre da zix*, un poète immortel. La conquête et la vengeance poussaient Montfort vers Biron. Le comte de Toulouse en avait remis la défense au capitaine espagnol, Martin d'Algaïs. Cet homme d'avenlnro et de guerre avait d'abord servi la croisndn ; mais à la grande bataille de Las-Bor ias, au lieu de se faire tuer aux côtés de Bouchard de Marli, il s'enfuit^ quoique très brave, devant Tépée victorieuse du comte de Foix. Il pouvait dire qu'il avait protégé la déroute des évéques jusqu'à Faujaus. C'est probablement ce qu'il fit à son retour au camp. Une altercation violente s'ensuivit avec Montfort; il s'entendit appeler traître l Et la nuit suivarite le fier Aragonais passait au cotnte dtî Toulouse. 11 accompa^nia dans TAgénais son compatriote All'aro. De Biron, il agaçait et con- • tra riait le siège de Penne. Montfort résolut de l'en punir après la victoire. 11 marcha sur Biron, attaqua le bourg et l'emporta par escalade après un sanglant assaut. Les habitants se réfugèrent dans la forteresse, Algals pouvait s'échapper pendant la nuit; il ne voulut pas abandonner son peuple; mais le peuple abandonna son vaillant chef et demanda la paix à Montfort. Si uion refusa ; il lui falhdt le massacre. Toutefois ayant plus soif (Micore du sang d'Algaïs, il consent entin : ce peuple aura la vie sauve, s'il livre d'abord son capitaine, puis le cbèteau. L'infortuné se

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vit garrotté, 8aisi,îcond ait à Montfort. « Confesse- toi,» lui cria Simon furieux. Algaïs, si nous en croyons le silence du chroniqueur, refusa. Il fut attaché à la queue d'un cheval, traîné dans les rangs des soldats, démembré par la hache, et suspenda, tronçon saignant et hurlant, à on gibet. Par ce supplice atroce Montfort Yonlait époayanter les déserteurs de la croix*.

Pendant le siè^e de Biron, Gaston VI, prince de Béarn, vint réclamer la vicomté de BruUiois usurpée par Montfort avec l'Agénais. Simon proposa de soumettre le différend à i'évéque d'Agen. Gaston, ne reparut pas aujourfixé, et dédaigna d'accepter le jugement d'un prélat qui venait de livrer l'Agénais au chef delà croisade. Le Midi ne devait pas être jugé par les crosses, mais par les épées.

Simon remit Biron au chevalier Arnaud de Montaigu et revint à Penne dont il faisa-it réparer les glorieuses murailles^ vaincues non par son lion, mais par le lion céleste. 11 y trouva la noble comtesse de Montfort, arrivée de Garcassonne. Elle était en compagnie de l'évêque Gtm de Vaux-Cernay , et de Pierre, son neveu et son secrétaire, amenant des pèlerins armés. Elle était venue par CSahors/, descendant le Lot. La canicule était dévorante. Les pèlerins défaillaient de lassitude, de faim, de soif, dans les déserts

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